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apic/Banja Luka/Appel

Banja Luka: Appel à l’aide de Mgr Komarica (120595)

Rome, 12mai(APIC) Un évêque privé de liberté, quatre prêtres tués, sept

autres retenus dans des camps de détention serbes, 30 églises détruites,

une population aux travaux forcés, qu’elle soit catholique ou musulmane:

c’est le bilan tragique des catholiques du diocèse de Banja Luka, dans la

Krajina, dont fait état vendredi l’»Avvenire», quotidien de la Conférence

épiscopale italienne.

C’est un fax adressé récemment par Mgr Franjo Komarica, évêque de Banja

Luka, qui a éveillé l’attention. Depuis l’offensive de l’armée croate en

Slavonie, la semaine dernière, l’évêque est assigné à résidence. «Si je

sortais, ma sécurité ne serait pas assurée», dit-il, décrivant «la terreur

qui règne parmi les catholiques» et une situation «vraiment dramatique».

Mgr Komarica prie pour «que la communauté internationale intervienne pour

empêcher de nouveaux et graves délits, meurtres, nettoyages ethniques contre une population seule et sans défense».

Un tract diffusé le 11 mai dans la ville de Banja Luka en dit long sur

la détermination serbe: «Frères serbes, chassez avec courage ceux qui font

obstacle à notre destin. Peuple serbe de Slavonie occidentale, déportez les

Croates et les musulmans. N’attendez pas, après il sera trop tard.»

L’»Avvenire», qui le publie, signale que le tract porte la signature du

Parti radical serbe, celui de Radovan Karadzic.

Après trente-sept mois de guerre, le bilan dans l’enclave de Banja Luka,

où les catholiques ont toujours été minoritaires (ils étaient 90’000 avant

la guerre pour 1,1 million d’habitants, mais ne sont plus aujourd’hui que

25’000) est terrible. 39 églises ont été détruites, ainsi que, tout récemment, le couvent franciscain de St-Antoine de Padoue à Patricevac. Quatre

prêtres sont morts, dont un lors du bombardement de ce couvent, un autre à

la suite des souffrances endurées dans un camp de concentration, où sept

autres prêtres sont toujours détenus. Les habitants catholiques et musulmans sont contraints aux travaux forcés, «enchaînées jusqu’au sang» pendant

qu’ils travaillent, écrit l’envoyé spécial de «Avvenire».

Un prêtre de Banja Luka raconte: «En trente-sept mois de guerre, plus de

400 Croates ont été tués chez eux. Mais ce qui est encore plus grave, ce

sont les centaines et les centaines de musulmans qui ont subi la violence

des armes serbes. Deux cent mille d’entre eux ont été expulsés.»

(apic/jmg/pr)

12 mai 1995 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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