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France: 15e centenaire du baptême de Clovis (300196)

L’archevêque de Reims en précise le sens pour l’Eglise et pour la France

«La création d’une nation ne peut être

le fruit de violences nationalistes»

Paris, 30janvier(APIC) Mgr Gérard Defois, archevêque de Reims, a rencontré lundi dans sa maison diocésaine une soixantaine de journalistes pour

leur présenter en avant-première le sens et la portée, pour l’Eglise et la

France, du 15e centenaire du baptême de Clovis. Il a notamment dénoncé le

nationalisme, car «la création d’une nation ne peut être le fruit de violences nationalistes».

Après avoir visionné la cassette vidéo «le Baptême de Clovis», réalisée

par un confrère de TF1, les journalistes ont écouté l’archevêque de Reims

leur préciser le sens de ces grandes commémorations.

Mgr Defois a clairement signifié que l’anniversaire du baptême de Clovis

n’est pas celui d’une chrétienté politique ou d’une récupération ecclésiastique des barbares. Il est le rappel du choix d’un homme mis en question

par l’Evangile, hésitant longuement avant d’entrer en culture chrétienne.

Si Clovis, roi des Francs, est fondateur de la nation, car il a su créer

des alliances au-dessus des ethnies et des appartenances religieuses de son

temps, il n’est pas question pour autant d’accepter, à l’occasion de la célébration de son baptême «tout nationalisme agressif, car la création d’une

nation ne peut être le fruit de violences nationalistes». Une récupération

qui serait d’autant plus malvenue que le territoire de la «Francia» s’étendait alors à une partie des actuelles Belgique et Allemagne.

L’archevêque de Reims s’est également appliqué à montrer que l’Eglise,

soucieuse de paix et de justice, a apporté à Clovis des références spirituelles et un appui moral. «Que votre prétoire soit accessible à tous et

que personne n’en sorte triste». S’il convient que l’anniversaire public

fasse mémoire de cette première unité nationale, Mgr Defois estime important de rappeler que «le christianisme d’il y a 15 siècles a été l’une des

composantes de la fondation de la France comme peuple et que les idées de

liberté, égalité et fraternité ont des racines chrétiennes dans l’Evangile».

Ce n’est pas seulement un calcul politique

Mgr Defois dénonce également l’idée répandue que le baptême de Clovis

n’aurait été qu’un calcul politique et une astuce tactique, niant ainsi la

liberté spirituelle de Clovis. Celui-ci pouvait tout aussi bien choisir

l’arianisme, alors dominant. Une option qui lui aurait assuré un plus immédiat et facile leadership, à la fois temporel et spirituel.

Paradoxe: Comment un Etat laïc, dans le cadre de la séparation de

l’Eglise et de l’Etat, peut-il commémorer un baptême chrétien comme fondateur de son histoire? En soulignant que chrétiens et laïcs se reconnaissent

un patrimoine moral commun lorsqu’ils mettent l’homme, ses droits et sa

dignité, ses devoirs et sa responsabilité au coeur de la solidarité nationale, répond l’archevêque de Reims. Il faut clairement expliquer que

l’Eglise n’entend pas annexer l’histoire et l’identité françaises, ni refuser les acquis de la Révolution française. Et de souligner que la séparation de l’Eglise et l’Etat est «une sauvegarde des libertés religieuses»,

(apic/jcn/ba)

Encadré

Les célébrations du 15e centenaire du baptême de Clovis, roi des Francs,

sont programmées en France pour le dimanche 22 septembre. Jean Paul II a

annoncé sa venue et son dialogue avec les chrétiens du diocèse de Reims sera un des temps forts des festivités. Au plan culturel, trois colloques se

tiendront à Reims durant l’année 1996.

La messe du 22 septembre présidée par le pape aura lieu sur le terrain

d’aviation de la base aérienne située près de Reims. Le temps d’attente

avant la messe sera festif, faisant intervenir jeunes et adultes qui présenteront une rétrospective du baptême de Clovis pas saint Rémi.

Entouré des évêques de France, Mgr Gérard Defois, archevêque de Reims,

accueillera Jean Paul II et donnera le sens de l’événement célébré.

L’après-midi, une rencontre de caractère pastoral aura lieu sous forme de

dialogue entre le pape et les chrétiens du diocèse de Reims. Ce dernier,

engagé depuis plus de deux ans dans une démarche synodale, développera

«l’avenir des communautés paroissiales» : Les jeunes pourront également exprimer leurs attentes et la part qu’ils souhaitent apporter à l’évangélisation.

Trois colloques autour du thème du baptême

Le premier colloque, présidé par Mgr Joseph Homeyer, président de la

Conférence des épiscopats de la Communauté européenne, présentera, les 28

et 29 mars prochains, «une vision chrétienne de l’homme mise en question

dans l’économie européenne». Les 29 et 30 avril, le 2e colloque évoquera

«des chrétiens responsables dans la cité d’aujourd’hui». Il est placé sous

la responsabilité de Michel Falize, directeur du Centre d’éthique contemporaine à l’Université catholique de Lille. Enfin les 3, 4 et septembre, une

réflexion pastorale et théologique sur le baptême aujourd’hui sera menée

sous la houlette du Père Louis-Marie Chauvet, professeur à l’Institut catholique de Paris.

Parmi les huit initiatives organisées dans les communautés catholiques,

on retiendra outre les rassemblements scolaires et la construction de fonts

baptismaux par des élèves, la réalisation d’un film, «Chrétien baptisé aujourd’hui», par l’aumônerie des étudiants et le rassemblement national des

jeunes «Lassaliens» en juillet. (apic/jcn/ba)

30 janvier 1996 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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