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apic/Bartholomée Ier France/Visite
France: Visite du patriarche Bartholomée Ier du 2 au 9 novembre (251095)
Le 273e patriarche oecuménique s’exprime sur le sens de ce séjour
Paris, 24octobre(APIC) La visite en France, du 2 au 9 novembre, du patriarche oecuménique de Constantinople, Bartholomée Ier, suscite un vif intérêt dans les milieux catholiques et orthodoxes de ce pays. Même si des progrès ont été réalisés, la marche vers l’unité complète n’est pas pour demain. Le prosélytisme et d’autres formes de violence la rendent difficile,
estime-t-on côté orthodoxe.
Le 273e patriarche oecuménique rencontrera notamment à Lourdes les évêques de France lors de leur Assemblée plénière. Dans une interview accordée
au service catholique français de presse et d’information, le bulletin de
la Conférence des évêques, le patriarche livre sa vision de l’oecuménisme
après sa visite à Rome en juin dernier, s’exprime sur les efforts réalisés
en vue de favoriser le rapprochement entre catholiques et orthodoxes…
Bartholomée Ier: Les efforts unionistes entre orthodoxes et catholiques-romains, qui ont sans aucun doute comme but la communion complète dans les
sacrements, ne se sont jamais arrêtés ces 40 dernières années, malgré le
retour à la vie de l’uniatisme dans différents pays orthodoxes de l’ex-URSS
et ailleurs après la chute du communisme. Un retour qui créé des problèmes
énormes du fait du prosélytisme et d’autres formes de violence, qui rendent
difficile la marche vers l’unité complète.
Malgré cela, tant par l’intermédiaire du dialogue théologique officiel
que par les multiples autres manifestations de bonne volonté parmi lesquelles les visites réciproques et fraternelles, telle ma récente visite au pape Jean Paul II au Vatican, des efforts louables sont faits. Afin de préserver ouvertes nos relations et la coopération fraternelle, par lesquelles, de plus en plus, nous arrivons à la réconciliation et à la maturation
vers la coexistence et vers un témoignage commun au monde contemporain.
Quelles sont les différentes étapes à respecter pour favoriser ce rapprochement?
Bartholomée Ier: La levée des anathèmes entre nos Eglises, l’ouverture
du dialogue théologique officiel et les rencontres entre les chefs des deux
Eglises constituent les étapes principales dans la marche vers la réconciliation.
Dans cette perspective, comment les héritages occidentaux et orientaux
peuvent-ils s’enrichir mutuellement?
Bartholomée Ier: Autant nos relations seront fréquentes et sincères, non
seulement au niveau le plus élevé mais aussi au niveau des théologiens
clercs et laïcs, autant nous découvrirons continuellement que nous nous enrichissons et que nous sommes enrichis par les aspirations et les charismes
du même Esprit-Saint.
Comment l’évolution des relations entre l’Eglise orthodoxe et l’Eglise
catholique est-elle perçue par les Eglises orthodoxes soeurs?
Bartholomée Ier: Il existe, c’est vrai, des désaccords entre des Eglises
orthodoxes soeurs en ce qui concerne le mode et le degré de communications
envers les hétérodoxes, et particulièrement les catholiques-romains. Certains peuples orthodoxes gardent les traces des blessures, du fait de
l’uniatisme et des marques de prosélytisme. Le Vatican, en tant qu’Etat,
influence souvent la situation politique dans les pays où vivent certaines
Eglises orthodoxes. Ce fait explique les fortes réactions, parfois l’hostilité, comme nous l’avons constaté dans la dramatique situation des Balkans.
Une visite est prévue au sanctuaire de Lourdes lors de l’Assemblée plénière des évêques de France. Qu’attendez-vous de cette rencontre?
Bartholomée Ier: Lourdes est un lieu de pèlerinage de la chrétienté occidentale, mondialement connu et spécialement des catholiques-romains qui
sont très proches des orthodoxes en ce qui concerne le respect et les honneurs rendus à la Sainte Vierge. Il est donc bien naturel de faire monter
des prières ferventes à la Sainte Vierge Marie, la Théotokos, à l’occasion
de cette rencontre avec les évêques de France, pour invoquer ses intercessions non seulement pour la paix entre les chrétiens, mais aussi pour la
réconciliation et la pacification du monde entier. (apic/snop/pr)
ENCADRE
Plus de 150’000 orthodoxes en France
Cent cinquante à deux cents mille orthodoxes vivent en France. Les statistiques précises font défaut, mais les estimations autorisées permettent
d’avancer que les orthodoxes les plus nombreux sont d’origine russe et
grecque. Le premier bâtiment culturel orthodoxe sur sol français a été
inauguré à Marseille en 1845. La fondation de l’Institut théologique Saint
Serge à Paris, en 1925, marque le début de l’essor que prendra la pensée
orthodoxe en France.
Aujourd’hui, même si la majorité des paroisses utilisent encore dans la
liturgie la langue de leurs Eglises-mères: grec, slavon pour les russes et
les Bulgares, roumain, serbe géorgien, arabe… Le français s’introduit
tout naturellement et de plus en plus dans les liturgies, pour les prédications, les lectures bibliques.
Elu 273e patriarche oecuménique le 22 octobre 1991, à l’unanimité des 15
membres du Saint Synode, au siège de l’apôtre saint André, Bartholomée Ier
a succédé au patriarche Dimitrios Ier. Il a été intrônisé dans la cathédrale du Phanar, à Istanbul, le 2 novembre de la même année. (apic/pr)



