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Genève: En visite au COE, le patriarche Bartholomée (121295)
déplore le prosélytisme de certaines Eglises protestantes
Genève, 12décembre(APIC) Le patriarche Bartholomée Ier, ’premier parmi
ses pairs’ dans la hiérarchie orthodoxe, a vigoureusement critiqué, lundi à
Genève, le prosélytisme ou la recherche de conversions pratiqué par de nombreuses Eglises protestantes depuis la chute du communisme en Europe de
l’Est.
En visite officielle auprès du Conseil oecuménique des Eglises (COE), le
partiarche oecuménique de Constantinople a répété que les orthodoxes estiment que protestants et catholiques ne devraient pas chercher à obtenir des
conversions dans des pays majoritairement orthodoxes depuis des siècles. Ce
d’autant plus que les Eglises orthodoxes ont été terriblement persécutées
sous le régime communiste. «Des réseaux missionnaires ont été mis en place
à une alure extrêmement rapide, a-t-il dit. Ces réseaux ont pris comme cibles nos communautés à des fins de prosélytisme, recourant à des méthodes
qui ont été condamnées il y a plusieurs décennies par le COE.»
«Il est triste de voir très souvent que ces actions impliquent certains
de nos partenaires au sein du COE», a déploré le patriarche. D’autres Eglises apportent un soutien direct ou indirect à de telles actions, d’autres
encore restent silencieuses devant de tels actes, souligne Bartholomée Ier.
Un reproche qui vise aussi certains milieux catholiques-romains dont les
«actions inamicales sont en totale contradiction avec l’esprit de dialogue,
d’amour et de vérité».
Les tensions et les difficultés actuelles ne sauraient cependant remettre en cause la participation des orthodoxes au Conseil oecuménique des
Eglises, souligne le patriarche de Constantinople. «C’est une erreur de
penser que les orthodoxes sont des ’résidents temporaires’ au sein du COE.»
Bartholomée Ier a dénoncé «les vues erronées de ces orthodoxes qui, oubliant les réalisations du passé, considèrent notre présence ici, au COE, comme une sorte d’exil que nous nous imposons à nous-mêmes et comme un séjour
en quelque lieu étranger.»
Le patriarche a souligné qu’il était impératif que les activités du COE
continuent «simplement parce qu’il ne semble pas que nous soyons
actuellement proches du jour où les chrétiens s’uniront en une seule foi et
dans les même sacrements».
Le pasteur Konrad Raiser, secrétaire général du COE, a de son côté rendu
hommage à la fidélité du patriarcat oecuménique envers le mouvement oecuménique et le COE. L’inauguration d’une célébration commune de Pâques à partir de 2001, année où coïncideront les calendriers d’Orient et d’Occident,
serait un symbole puissant du sentiment croissant de l’unité chrétienne, a
suggéré le pasteur Raiser.
A propos de tensions avec l’orthodoxie, Konrad Raiser a relevé que «même
si le COE est prêt à recevoir et à mettre à profit toute critique bien intentionnée et constructive, il éprouve des difficultés à comprendre l’attitude négative, voire l’hostilité, de certaines de ses Eglises membres orthodoxes aujourd’hui». (apic/eni/mp)



