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Belgique: Campagne de signatures pour un autre visage de l’Eglise
Dans la foulée de celles lancées en Autriche, Allemagne et Suisse (120196)
Bruxelles, 12janvier(APIC) Un campagne de récolte de signatures a débuté
jeudi en Belgique. La campagne «Pour un au autre visage d’Eglise et de société», lancée à partir du modèle de celle qui ont agité plusieurs pays, se
poursuivra durant près de 5 mois. La démarche se veut pour l’Eglise, et non
contre, précise d’emblée les organisateurs, le groupe PAVES.
Dans la foulée d’actions similaires déclenchées en Autriche, en Allemagne, en Suisse et en France, une campagne de signatures a en effet été lancée jeudi en Belgique francophone, qui se poursuivra jusqu’au 1er mai, pour
appuyer «l’exigence d’un renouvellement de l’Eglise selon l’Esprit de Jésus». Les signatures, annoncent ses promoteurs, seront remises à la Pentecôte «dans les mains des évêques qui voudront bien entrer en dialogue et
rendre espoir à l’ensemble du peuple qui est Eglise».
Ce vaste mouvement d’opinion, que concrétise une «Déclaration» portant
sur une série de points urgents, se réclame du Concile Vatican II. 497’000
signatures ont été récoltées en Autriche, 1,845 million en Allemagne et
quelque 70’000 en Suisse. En Belgique, la campagne est lancée par le groupe
interrégional «Pour un autre visage de l’Eglise» (PAVES), constitué en mars
1995, deux mois après la révocation de Mgr Gaillot comme évêque d’Evreux et
qui compte une dizaine de groupes actifs en Wallonie et à Bruxelles. Des
délégués de groupes semblables en Flandre se sont joints également à
l’équipe de travail.
Dès les premiers jours et dans toutes les régions, rappellent les porteparole de PAVES, en même temps que des sentiments de révolte et d’indignation, s’est manifestée «une grande espérance et une sereine volonté de se
mettre en mouvement pour construire un autre visage de société et d’Eglise,
en s’associant aux forces vives de changement déjà présentes dans la société et les Eglises».
Une parole adulte et déterminée
Les promoteurs de la campagne ont tenu à poser «un préalable clair»: la
démarche se veut constructive: «Elle est pour l’Eglise, elle n’est pas contre elle. Pas de contre-dépendance non plus vis-à-vis des autorités de
l’Eglise catholique». Quatre objectifs sont poursuivis: manifester qu’il
existe dans l’Eglise «une opinion publique dans la ligne du courant majoritaire de Vatican II»; susciter une prise de conscience des responsabilités
partagées dans l’évolution de l’Eglise; encourager à une prise de parole la
plus large possible; créer un outil de dialogue avec les évêques.
La «Déclaration du peuple qui est l’Eglise» reste ce qu’elle était au
départ: un «cri» qui réagit aux endroits les plus douloureux: «là où sont
portés les coups qui ont fait que des hommes et des femmes ont mal à leur
foi parce qu’ils et elles ont mal à leur Eglise». Mais c’est un cri devenu
«parole adulte et déterminée».
Une Eglise fraternelle
La Déclaration traduite de l’allemande n’est ni une somme théologique,
ni une charte travaillée dans le moindre détail. PAVES, qui la reprend à
son compte «dans tout son contenu», a néanmoins déplacé les accents, par
exemple en donnant la priorité à la justice (qui, dans le document autrichien, venait en contre-point à la morale sexuelle), ou encore en intégrant
la place des femmes à la construction d’une Eglise plus fraternelle.
Les cinq points de la Déclaration invitent à «devenir un ferment d’espérance» dans le monde d’aujourd’hui (paix, justice sociale, sauvegarde de la
création), car «l’option préférentielle pour les pauvres est davantage dans
l’esprit de l’Evangile que la fixation sur des points particuliers de la
morale sexuelle»; à «construire une Eglise fraternelle», où «l’égale dignité des hommes et des femmes implique l’accès des femmes à toutes les
fonctions ecclésiales»; à donner à toutes les communautés les moyens appropriés de vivre leur foi (en laissant à leurs ministres le libre choix entre
le célibat et le mariage; à apprécier la sexualité comme constitutive de
l’être humain créé et voulu par Dieu; à proclamer la Bonne Nouvelle plutôt
que proférer des menaces. (apic/cip/pr)




