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apic/Belgique/Diacres
Belgique: 25 ans après l’ordination des premiers diacres permanents
Colloque d’évaluation et de prospective pour les diacres (180994)
Louvain-la-Neuve, 18septembre(APIC) Plus de 200 personnes ont participé
au colloque organisé du 15 au 17 septembre à Louvain-la-Neuve par les diacres francophones de Belgique et la Faculté de Théologie de l’Université
catholique de Louvain, pour faire le point sur le ministère du diaconat
permanent, rétabli par le Concile Vatican II en 1964. Le 4 octobre prochain, il y aura 25 ans que les premiers diacres de Belgique étaient ordonnés dans le diocèse de Liège. Le colloque de Louvain-la-Neuve a permis une
large évaluation de la situation actuelle, mais aussi un approfondissement
de la théologie du diaconat et la formulation de quelques pistes pour
l’avenir.
Les travaux du colloque ont concilié les exposés de spécialistes et les
échanges en ateliers sur la base de textes stimulants. D’innombrables questions avaient été prises en compte dans les dossiers. Et dès l’ouverture du
colloque, le cardinal Danneels, archevêque de Malines-Bruxelles, a montré
que les évêques entendaient porter ces questions avec les diacres. Il a
lui-même épinglé quelques questions-clés comme: la nature de l’ordre diaconal, qui habilite au «service», mais non au sacerdoce; une meilleure définition des tâches à confier aux diacres dans l’annonce de la Parole, la liturgie et l’organisation du service de la charité; la formation des diacres, qui n’est régie par aucune règle d’ensemble mais qui mériterait plus
de coordination; les critères de discernement des vocations; l’articulation
entre le ministère sacramentel du diacre et le sacrement de mariage; enfin,
l’éventualité d’un diaconat féminin.
Les réponses d’une enquête
Il y a aujourd’hui plus de 450 diacres en Belgique, dont environ 200
dans la partie francophone. Grâce aux réponses fournies par 145 diacres
francophones à une enquête menée début 1993, le Centre Tricontinental de
Louvain-la-Neuve a pu, sous la direction du professeur François Houtart,
brosser un premier portrait sociologique du diaconat permanent en Wallonie
et à Bruxelles. Parmi les enseignements majeurs, on retiendra notamment que
près de neuf diacres sur dix ont participé jadis à des mouvements de jeunesse catholique et que beaucoup y ont assumé des responsabilités. Ce qui
n’est sans doute pas sans incidence sur l’éveil des vocations. Dans le large éventail des tâches exercées par les diacres, les rôles liturgiques sont
actuellement prédominants. Beaucoup regrettent même de ne pas se voir confier plus d’activités liturgiques ou sacramentelles. Et 41% seraient prêts
au sacerdoce, si les dispositions ecclésiales venaient à changer. Mais dans
ce cas, le diaconat n’en serait-il pas profondément ébranlé? se demandent
sociologues et théologiens.
Réintroduit en Occident par le Concile Vatican II, le diaconat permanent
ne l’a pas été sans débat. Les uns y ont vu, notamment, une précieuse suppléance au manque de prêtres, surtout dans les pays de mission. D’autres
ont craint qu’une restauration du diaconat marié porte préjudice au célibat
sacerdotal ou démobilise les laïcs engagés dans diverses missions ecclésiales. Le principe d’un rétablissement de ce ministère a finalement été voté.
Les documents du Concile stipulent que le diacre est ordonné «pour le service» et non «pour le sacerdoce», mais s’étendent peu sur la définition des
tâches en dehors des rôles relatifs à la Parole, à la liturgie (et même au
«gouvernement» des communautés, précise un texte) et à la charité. Selon le
professeur Philippe Weber, les textes conciliaires portent la marque d’hésitations et de tensions. Il s’ensuit que le sens d’une ordination sacramentelle pour les diacres reste mal éclairé et que le «service» reste un
horizon assez flou.
21’000 diacres dans le monde
21.000 diacres catholiques dans le monde, dont environ un millier en
France. Manifestement, le diaconat permanent s’est plus développé dans les
pays riches et d’ancienne chrétienté que dans les pays pauvres, et il s’est
davantage orienté vers la liturgie et la suppléance des prêtres que vers
l’évangélisation. Pour le Père Hervé Legrand (Institut Catholique de Paris), la poursuite de cette évolution ne peut que ternir la spécificité du
diacre et occulter la présence de l’Eglise au monde. Aussi est-il urgent de
revaloriser «l’expérience sacramentelle de la diaconie»: le diacre est un
ministre signe d’une Eglise «servante» du monde au nom du Christ. Dès lors,
la charité doit être pensée comme «principe organisateur» des tâches confiées aux diacres, tant dans le domaine sociocaritatif que dans le domaine
de l’annonce de la Parole et de la liturgie.
Diacres autour de l’évêque
Clôturant le colloque, Mgr Albert Houssiau, évêque de Liège, apporte une
fois encore aux participants son encouragement épiscopal et son expérience
pastorale. En restaurant le diaconat permanent, rappelle-t-il, le premier
souci du Concile Vatican II a été de «rendre vigoureuse l’Eglise locale».
Et par «Eglise locale», il faut entendre non la paroisse, mais l’Eglise
diocésaine autour de l’évêque. C’est à partir de l’Eglise et non des aventures individuelles qu’il faut d’abord envisager le diaconat. Ce ministère
ne se comprend qu’en articulation avec la mission de toute l’Eglise, sous
ses différentes facettes. (apic/cip/pr)




