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Belgique: Les théologiens catholiques s’interrogent

sur le dialogue et la communication dans l’Eglise (191195)

Réflexion de l’ancien évêque de Breda, Mgr Ernst

Anvers, 19 novembre(APIC) La section flamande de l’Association Européenne

de Théologie Catholique a tenu, à Anvers, une journée d’étude sur «le dialogue et la communication dans l’Eglise». Des théologiens des Pays-Bas assistaient également aux travaux, durant lesquels l’ancien évêque de Breda,

Mgr Ernst, a fait une intervention remarquée.

La question du dialogue au sein même de l’Eglise est une question assez

récente, et à vrai dire, plutôt limitée à l’Europe, remarque d’abord le

théologien flamand Marcel Heyndrickx en proposant une réflexion de nature

philosophique sur la culture contemporaine.

Sur quoi devrait porter le dialogue dans l’Eglise? Les avis divergent,

constate le théologien. Pour les uns, ce dialogue devrait porter sur les

sujets qui sont de nature à promouvoir une meilleure acceptation des

positions déjà tranchées par l’autorité. Ce qui revient à concevoir le

dialogue comme un moyen pédagogique au service d’un objectif d’adhésion:

réconcilier les fidèles avec des points de vue ecclésiaux en les aidant à

en comprendre le bien-fondé.

Mais le dialogue peut aussi porter sur des réalités qui touchent le coeur même de la foi et de l’organisation ecclésiale… Ceux qui plaident

pour un tel dialogue font valoir qu’il est indispensable pour la recherche

de la vérité, car l’ouverture de chacun à la vérité reste conditionnée par

ses limites historiques. Les hommes et les femmes ne sont donc jamais de

trop pour s’aider mutuellement dans cette ouverture.

Revirement aux Pays-Bas

Aux Pays-Bas, Mgr Hub Ernst a exercé son ministère épiscopal pendant 27

ans à Breda, avant de démissionner en 1994. Il a aussi joué un rôle

important pour faciliter le dialogue au sein d’une Eglise catholique des

Pays-Bas très polarisée depuis trente ans. Deux tendances, en effet, s’y

sont régulièrement affrontées, rappelle-t-il: «C’est l’avenir de l’Eglise

qui est en jeu. Pour les uns, le salut passe par le statu quo. Pour les

autres, le conservatisme mène au désastre: ils veulent donc un renouveau».

«Nous avons découvert, raconte Mgr Ernst, qu’une communauté ecclésiale

ne peut supporter la confrontation que dans une certaine mesure. L’Eglise

ne s’en relèverait pas si son modèle était celui de la confrontation. Aux

Pays-Bas, les partis politiques ont d’ailleurs fait la même expérience. Actuellement, il y a un revirement: on passe de la confrontation au dialogue.

La confrontation, il faut le souligner, reste inscrite dans le désir de

vérité. Mais le passage au dialogue est nécessaire, non seulement pour préserver la communauté d’un schisme, mais aussi par souci de la vérité».

Pour conclure, Mgr Ernst observe: alors que le dialogue entre les grandes religions du monde est à l’ordre du jour, il est urgent qu’il progresse

dans l’Eglise. Ce que l’évêque en attend? «Une plus grande liberté et une

plus grande responsabilité de chaque chrétien, ce qui permettra au sens de

la foi des fidèles» de s’exprimer pleinement dans la vie de l’Eglise».

(apic/cip/pr)

19 novembre 1995 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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