Le texte contient 74 lignes (max. 75 signes), 804 mots et 5369 signes.
apic/Belgique/Gaillot/réactions
Belgique: nombreuses réactions à la révocation de Mgr Gaillot (180195)
Inquiétude, désarroi et colère
Bruxelles, 18janvier(APIC/CIP) Les réactions continuent de tomber en Belgique après l’annonce de la révocation par le Vatican de Mgr Jacques Gaillot, évêque d’Evreux. Inquiétude, désarroi et colère dominent. Plusieurs
manifestations sont prévues dimanche à Evreux même, ainsi que dans d’autres
villes.
Neuf aumôniers nationaux du Mouvement Ouvrier Chrétien (MOC), en Belgique, se disent scandalisés par la décision de révoquer Mgr Gaillot. «Avec
beaucoup de chrétiens, nous sommes unanimes à admirer l’esprit évangélique
de ses actes et paroles», écrivent-ils dans une lettre adressée au cardinal
Gantin, préfet de la Congrégation des évêques. Les signataires remarquent
la «préoccupation constante de Mgr Gaillot de partager sa foi chrétienne
avec ses contemporains, chrétiens ou non, dans un langage qui est le leur,
à partir de leurs valeurs de vie, de leurs questions et aussi des réalités
sociales qu’ils vivent». Même si l’évêque d’Evreux «a pris des risques, entre autres celui d’être mal compris et même de se tromper». Ils se disent
inquiets devant «une autorité qui, par des mesures disciplinaires graves,
refuse de vrais débats».
L’équipe exécutive de l’ACI «Agir en Chrétien Aujourd’hui» se dit «bouleversée par la sanction qui a touché l’évêque d’Evreux et la manière dont
elle lui a été signifiée».
L’association des Guides Catholiques de Belgique craint de voir les jeunes de plus en plus «déçus voire démobilisés» par les positions du Vatican.
La Fraternité sacerdotale Jésus-Caritas, qui rassemble des prêtres vivant dans l’esprit de Charles de Foucauld, «ressent très douloureusement
l’éviction de leur frère Jacques Gaillot». La tâche pastorale d’évêque
d’Evreux que Mgr Gaillot a portée lui a donné, «de vivre au maximum sa vocation de «frère universel».
L’Action Catholique Rurale des Femmes (ACRF) fait part de «sa tristesse
et de son désarroi». «Comment un chrétien engagé dans le monde d’aujourd’hui peut-il essayer de vivre l’Esprit de Jésus de Nazareth sans prendre certains risques?», s’interroge l’association. Mgr Gaillot est un «témoin de notre temps, pouvant apporter un espoir, un chemin de sens à bon
nombre de jeunes et d’adultes en désarroi face aux difficultés sociales,
économiques et culturelles».
«Un cas douloureux», dit le cardinal Danneels
«La Conférence épiscopale de Belgique n’a pas à prendre position sur les
problèmes internes à l’Eglise de France ni sur les relations de cette Eglise soeur avec le Vatican», a déclaré de son côté le cardinal Danneels.
L’archevêque de Malines-Bruxelles considère que «la révocation d’un évêque
est toujours un cas douloureux: c’est un échec pour l’évêque, pour le
Saint-Siège et pour l’Eglise en général». «Malgré les difficultés, on doit
tout faire pour que le dialogue se poursuive», a ajouté le cardinal.
André Fossion, jésuite, directeur de Lumen Vitae, à Bruxelles, et inspecteur de l’enseignement religieux, relève pour sa part: «Depuis dix ans,
dans la catéchèse comme dans l’enseignement religieux scolaire, Mgr Gaillot
est souvent présenté comme un modèle d’action pastorale et d’évangélisation
nouvelle. Son action auprès de ceux et celles qui souffrent d’injustice ou
d’exclusion, sa capacité d’écoute et de compassion, son parler vrai passent
bien auprès des jeunes. C’est pourquoi, dans les cours de religion, ses
écrits sont fréquemment lus et étudiés. La destitution de Mgr Gaillot va
certainement affaiblir, dans le monde des jeunes, le crédit des autorités
ecclésiales.»
Les membres du Bureau national de Vie Montante, mouvement catholique des
aînés, ont quant à eux tenu à exprimer leur souffrance face à la déchirure
actuelle dans l’Eglise. «Nous ne comprenons pas comment des avis différents
qui ne concernent pas la foi, mais son expression et ses applications concrètes en référence à l’Evangile, ne puissent se résoudre non pas par une
condamnation autoritaire mais par un dialogue et une communion fraternelle.»
Pax Christi Wallonie-Bruxelles partage, elle, la «souffrance» et la
«perplexité» de ceux qu’une «voix rapprochait de l’Eglise», «une voix qui a
su se faire la voix des marginalisés». «Malgré les questions que l’on peut
se poser par rapport à certaines de ses initiatives et déclarations, de
très nombreux croyants et personnes en recherche ont reconnu en Mgr Gaillot
un homme profondément évangélique», relève le mouvement. Pax Christi interprète le «sursaut sans précédent de l’opinion» comme «un appel à une gestion transparente des conflits et à l’élaboration d’une autre manière
d’exercer l’autorité dans l’Eglise». (apic/cip/mp)



