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apic/Belgique/Pédophile libéré/Indignation
Belgique: Grâce royale pour un pédophile
ECPAT fait part de son indignation au ministre de la Justice (090296)
Bruxelles, 9février(APIC) La grâce royale accordée à un pédophile de 80
ans qui avait abusé d’une enfant de huit durant deux ans fait des vagues en
Belgique. Condamné à 15 ans de prison en septembre 1994, il bénéficie aujourd’hui d’une liberté conditionnelle. Indignation. Et notamment du côté
de l’Association ECPAT-Belgique qui s’insurge, à l’heure ou nombre d’associations luttent dans le monde contre l’exploitation sexuelle des enfants.
Dans une lettre adressée le 7 février au ministre de la Justice Stefaan
De Clerck, ECPAT-Belgique, engagée dans une campagne internationale contre
l’exploitation sexuelle des enfants, considère la grâce obtenue sous la responsabilité du ministre «comme un camouflet aux nombreuses victimes sans
défense à travers le monde».
Cinq ans après la création d’ECPAT pour lutter contre l’exploitation
sexuelle commerciale des enfants et pour abolir la prostitution enfantine,
les coordinateurs de l’organisation en Belgique sont amenés à constater,
une fois de plus, que «l’exploitation sexuelle des enfants n’a
malheureusement pas de frontières». Les cas de pédophilie rapportés dans la
presse semblent d’ailleurs montrer, ajoute l’association, que «ce sont
souvent des adultes appartenant aux cercles de la famille et des amis qui
abusent de ces jeunes enfants et les traumatisent ainsi pour le reste de
leur vie».
Aussi l’association ECPAT a-t-elle été surprise d’apprendre par la presse que Zénon D., pédophile condamné en septembre 1994 à 15 ans de travaux
forcés pour avoir violé une fillette pendant deux ans, avait bénéficié de
la grâce royale. «Les 15 ans de travaux forcés ont été ramenés à 12 ans et
transformés en liberté conditionnelle par la grâce accordée par Sa Majesté
le Roi Albert II, le 29 décembre dernier», s’étonnent les responsables
d’ECPAT, qui s’associent à d’autres réactions d’indignation, notamment celle de M. Lelièvre, délégué général aux Droits de l’Enfant de la Communauté
française.
La législation belge actuelle, en vigueur depuis le 13 avril 1995, prévoit des peines sévères pour les auteurs de pareils méfaits, relèvent les
coordinateurs d’ECPAT dans leur lettre au ministre. Or, le «progrès» marqué
par le renforcement de cette loi leur semble «fortement atténué» par la récente mesure de «clémence». Certes, la libération de celui qui avait été
reconnu coupable de viol et d’attentat avec violence ou menaces sur une petite fille de huit ans reste une mise en liberté sous condition. Mais ECPAT
déplore «les effets négatifs sur l’opinion publique d’une telle mise en liberté conditionnelle». Pour l’association, les effets dissuasifs de la nouvelle loi risquent en outre d’être compromis.
Améliorations souhaitées
La loi actuelle, constate Karl Wintgens, un coordinateur d’ECPAT interrogé par le correspondant de l’Agence APIC, permet heureusement de poursuivre en Belgique des ressortissants belges qui se seraient rendus coupables d’abus sexuels sur des mineurs à l’étranger. Les poursuites restent
toutefois assorties d’une condition: il faut que ces abus soient aussi considérés comme répréhensibles par la législation de l’autre pays concerné.
«Or, ce n’est pas toujours le cas, note K. Wintgens. Dans certains pays, la
législation en la matière fait même défaut. Nous ne pouvons donc que souhaiter une amélioration de notre législation: un Belge qui abuserait des
enfants à l’étranger devrait être punissable dès qu’il enfreint la loi de
son pays d’origine».
ECPAT appelle enfin de ses voeux une harmonisation européenne des législations pour renforcer et coordonner les efforts dans la lutte contre l’exploitation sexuelle des enfants et contre la prostitution enfantine. (apiccip/pr)



