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Belgique: Namur accueille les reliques de sainte Thérèse de Lisieux

En attendant les célébrations du centenaire de sa mort (181095)

Namur, 18octobre(APIC) Pour la première fois, les reliques de sainte Thérèse de Lisieux vont sortir de France pour être accueillies, du 17 au 27

novembre, dans le diocèse de Namur. La châsse contenant les restes mortels

de «la petite Thérèse» sera présentée d’abord en la cathédrale St-Aubain de

Namur, puis au sanctuaire marial de Beauraing, enfin en l’église décanale

St-Martin d’Arlon. En 1996, les reliques seront accueillies dans d’autres

diocèses de Belgique, notamment à Banneux.

L’Eglise célébrera en 1997 le centenaire de la mort de sainte Thérèse de

Lisieux. C’est en prévision de cet événement que le sanctuaire de Lisieux,

qui attire chaque année 1,5 million de pèlerins, a proposé à d’autres diocèses d’accueillir les reliques de la sainte. La châsse a déjà été présentée à Paris et dans d’autres diocèses français. Avant 1994, elle n’avait

jamais quitté la chapelle du sanctuaire de Lisieux.

Un signe offert à la foi

Comme l’écrit Mgr André-Mutien Léonard, évêque de Namur, le diocèse de

Namur ne propose pas à la vénération des fidèles que les reliques terrestres d’une femme admirable, mais il invite à accueillir «une vivante».

Les reliques sont, dans l’Eglise catholique, un signe offert à la foi.

Foi en la résurrection des corps à la suite du Christ, comme en ont témoigné les chrétiens dès les premiers siècles en organisant des célébrations

autour des tombeaux de leurs défunts. Foi en la communion des saints, qui

s’exprime jusque dans la liturgie des funérailles, où l’Eglise regarde les

fidèles défunts non comme des «disparus» mais comme des «proches» de Dieu

et des hommes: «lorsque prend fin leur séjour sur la terre, ils ont déjà

leur demeure dans les cieux».

La «petite voie»

Les écrits originaux de Thérèse de Lisieux étonnent par leur simplicité.

Le chemin spirituel qui s’y trouve raconté et proposé n’a rien d’une spiritualité «à la force du poignet», souligne Mgr Guy Gaucher, évêque auxiliaire de Bayeux et Lisieux. Ce n’est rien d’autre que «la petite voie de l’enfance spirituelle», qui fut pour Thérèse l’axe de toute une vie.

Née le 2 janvier 1873 à Alençon, d’un père horloger et d’une mère dentellière, Thérèse Martin avait quatre ans et demi quand sa famille s’est

établie à Lisieux. A dix ans, elle souffre d’anorexie et d’hallucinations,

mais le 13 mai 1893, elle a la vision du sourire de la Vierge et elle guérit subitement. Se développe alors en elle un sentiment d’union à Dieu, que

sa première communion vient encore renforcer. Elle envisage une vie de carmélite, mais elle est trop jeune. Il n’empêche: lors d’un pèlerinage à Rome, elle aura l’audace de supplier le pape Léon XIII de lui permettre d’entrer au Carmel. Faveur accordée: Thérèse devient carmélite à 15 ans.

C’est au Carmel que Thérèse découvre et formule «la petite voie de l’enfance spirituelle»: un chemin de spiritualité tout ordinaire, qui consiste

à s’en remettre à «l’Amour miséricordieux» que Dieu offre en Jésus. Thérèse

se sait aimée et n’envisage rien d’autre que de faire tout avec amour.

«J’arriverai au ciel les mains vides, et c’est Dieu qui les remplira», ditelle dans son acte d’offrande du 9 juin 1895 à l’Amour miséricordieux, un

des sommets de son histoire. La forte spiritualité dont témoignent la vie

et les écrits de cette jeune carmélite, emportée par la tuberculose à l’âge

de 24 ans (en 1897), a été très tôt reconnue dans l’Eglise comme une voie

royale pour tout disciple du Christ.

Comme le montrent les écrits de Thérèse, cette spiritualité de l’ordinaire ne s’éloigne jamais des aspects les plus quotidiens de l’existence.

La sainte carmélite n’a pas été épargnée par les difficultés de la vie et

sa foi a mûri à l’épreuve des doutes qu’elle a longtemps traversés. Cela

n’a pas empêché l’humble religieuse cloîtrée d’être proclamée, 30 ans après

sa mort, patronne des missions (ou de la mission universelle de l’Eglise).

Bientôt Docteur?

Proclamée bienheureuse en 1923 et sainte en 1925, Thérèse de Lisieux

pourrait être bientôt la troisième femme au monde à être proclamée «docteur» de l’Eglise. Cent mille signatures ont déjà été recueillies pour appuyer la demande adressée au pape en ce sens par une centaine d’évêques des

cinq continents. Saluer en la «petite Thérèse» un «Docteur», ce serait proclamer l’éminence de l’enseignement qu’elle propose, tout comme l’Eglise

l’a fait pour la «grande» Thérèse d’Avila et pour Catherine de Sienne, disent les signataires.

Cet enseignement de Thérèse de Lisieux a été recueilli dans son journal

personnel de Carmélite, à la demande de sa soeur aînée, Mère Agnès, prieure

du Carmel. Les cahiers manuscrits de Thérèse furent publiés un an après sa

mort sous le titre «Histoire d’une âme», mais hélas corrigés et déformés

par ses soeurs carmélites, qui y introduirent leur conception personnelle.

Il a fallu plusieurs années pour faire la part des choses et aboutir enfin

à une édition critique des écrits authentiques de la sainte. (apic/cip/pr)

18 octobre 1995 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 4  min.
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