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apic/Belgique/Renault/Fermeture/Réactions de l’évêque

Vilvorde: Mgr Jan De Bie solidaire des ouvriers de l’usine Renault

«L’économie est-elle encore au service de l’homme?» (050397)

Malines, 5mars(APIC) L’annonce brutale de la fermeture de l’usine Renault

à Vilvorde (Belgique) – où les manifestations sont de plus en plus nombreuses – a suscité une prise de position de Mgr Jan De Bie, évêque auxiliaire

du cardinal Danneels à Malines spécialement chargé du Brabant flamand.

L’évêque se demande notamment si l’économie est encore au service de l’homme.

L’évêque et son Conseil ont d’abord écrit aux travailleurs de Renault

pour leur exprimer toute leur sympathie. Mgr De Bie a aussi rédigé une déclaration où il soulève un problème de fond, sur lequel il réclame un débat public: «L’économie est-elle encore au service de l’homme ? Ou bien le

système échappe-t-il à tout contrôle ?»

Des milliers de personnes sans travail, des familles menacées en masse

par le chômage: l’évêque auxiliaire du cardinal Danneels à Malines se sent

directement interpellé par le drame tout proche qui a éclaté à Vilvorde.

Mais Mgr De Bie n’exprimé pas seulement sa solidarité avec les travailleurs concernés. Il entend partager avec les fidèles une série de

réflexions sur l’économie actuelle. Elles se situent, précise-t-il, dans la

ligne de l’interpellation proposée en 1995 par les évêques de Flandre sur

«les chrétiens et l’économie». Les évêques se demandaient si la logique matérialiste de l’économie n’était pas en train d’envahir tous les choix de

société.

Une question de fond

Mgr De Bie soulève quelques questions à propos du «système économique

qui rend possible de telles fermetures d’entreprises». Et, grave préoccupation, de se demander: «Est-ce que le système de l’économie de marché peut

encore être corrigé de manière suffisante par les autorités et par diverses

organisations sociales, ou bien est-ce que ce système échappe à tout contrôle ?» Mgr De Bie réclame à ce propos «un très large débat public, qui

soit également un débat éthique».

Mgr De Bie explique encore qu’il ne veut pas «s’en tenir à une position

de principe», mais qu’il se joint à toutes les manifestations de solidarité

concrète, «face aux principes dominants du profit et de la compétitivité».

Dans les églises paroissiales du doyenné de Vilvorde-Machelen, une courte déclaration sera lue au cours des eucharisties dominicales des 8 et 9

mars et les fidèles seront invités à signer un message de solidarité, qui

sera ensuite transmis aux travailleurs de l’usine Renault. L’évêque souhaite que cette solidarité s’étende à tous ceux dont l’emploi et l’avenir sont

aujourd’hui «menacés par la même rationalité économique».

L’évêque auxiliaire du cardinal Danneels et ses collaborateurs immédiats

ont par ailleurs écrit au Premier ministre Jean-Luc Dehaene et au ministre

président de la Communauté flamande Luc Van den Brande pour protester contre la manière dont la fermeture de l’usine Renault avait été décidée.

(apic/cip/pr)

5 mars 1997 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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