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Belgique: Les Belges sondés sur les valeurs et leurs croyances (230996)

Résultants surprenants…

Belgique, 23septembre (APIC) Les enquêtes menées en Belgique depuis deux

décennies sur les valeurs des Européens montrent un net recul de la foi en

un Dieu. Le nouveau sondage de «La Libre Belgique» confirme cette évolution: un Belge sur trois croit plutôt à un «Grand Tout», et un Belge francophone (FR) sur quatre (un Flamand (NL) sur cinq) «ne sait pas». Les résultats de ce sondage seront publiés dans un livre à paraître en Belgique

le 25 septembre.

Le sondage, effectué à partir d’un échantionnage de 1’500 répondants, a

été réalisé entre le 25 avril et le 19 mai 1996.

La foi en un Dieu personnel convainc 25% des Belges, dont 17% qui croient en un Dieu trinitaire. Ceci semble conditionner la pratique religieuse

des catholiques, qui décline avec l’absence d’une représentation du Dieu

Père, Fils et Esprit. Mais il y a des orientations surprenantes chez les

catholiques pratiquants: 20% des FR conçoivent plutôt Dieu comme une «énergie» impersonnelle et 7% de l’ensemble se disent même non croyants! Un catholique pratiquant sur trois aurait même troqué la foi en la «Résurrection»

pour une foi en la «réincarnation»!

Autre surprise chez les catholiques pratiquants: 10% des FR et 7% des NL

semblent ne pratiquer «jamais ou pratiquement jamais». Rien d’absurde au vu

de la question posée: «En dehors des mariages, enterrements et baptêmes, à

quelle fréquence assistez-vous à un service religieux ?» Les répondants, à

qui les enquêteurs ont laissé le soin de se définir eux-mêmes comme «pratiquants», «croyants» ou «non croyants», peuvent donc se considérer comme

catholiques pratiquants… même s’ils fréquentent rarement l’assemblée dominicale de leur paroisse!

Confiance aux écoles catholiques: les FR et les NL divisés

La plupart des catholiques pratiquants voient plus le «divin» dans la

prière (80 %) que dans l’engagement pour la justice (55%). A leur avis,

Dieu se révèle plus volontiers dans la «nature» (71%) et le «silence» (69%)

que dans la «Bible» (62%). Les catholiques pratiquants FR comme les NL font

plus confiance à la «nature» (71 à 77%) qu’à «l’amour» (70 à 74%) pour

percevoir du «divin». Les mêmes tendances s’observent chez les non

pratiquants et les non-croyants, comme si les représentations du Dieu de

l’Evangile n’étaient pas plus «naturelles» pour les uns que pour les

autres.

Il fut un temps où les catholiques apprenaient: «L’école catholique,

c’est mieux». Qu’en est-il aujourd’hui ? Le sondage montre que les Belges

sont aussi partagés que les réseaux d’enseignement. Il révèle en outre une

surprise de taille: si 60% des catholiques pratiquants FR font confiance

aux écoles catholiques, 80% des catholiques pratiquants NL disent préférer

l’enseignement officiel!

A propos des moeurs

46% des Belges FR affirment «croire profondément», un peu moins de NL

(37 %). Les catholiques pratiquants sont ceux qui reconnaissent le plus volontiers (83%) que leur Eglise est «en crise»; parmi eux, une moitié pense

qu’elle «se meurt» et une autre moitié qu’elle «se porte bien». Dans l’ensemble, deux catholiques pratiquants sur trois voient positivement l’évolution de l’Eglise: «elle s’adapte, elle se renouvelle». Ce même regard n’est

partagé que par un catholique non pratiquant sur trois, et par un non croyant sur six.

Les cris sur la complète dégradation des moeurs de la société actuelle

ne trouvent pas de confirmation dans l’enquête. Parmi les Belges, au moins

9 sur 10 condamnent l’inceste et la pédophilie, et un sur deux réprouve le

vol, la conduite dangereuse au volant, la corruption… Les catholiques

pratiquants n’entendent plus, neuf fois sur dix, que la hiérarchie se mêle

de leurs problèmes de couple. Ils hésitent même à juger comme «faute», voire comme faute «grave» un «avortement de convenance personnelle». Dans quel

sens va donc l’évolution ? La conduite dangereuse au volant est jugée grave

par moins de catholiques pratiquants que de non croyants. Et un catholique

pratiquant sur deux seulement qualifie de «faute grave» la corruption.

(apic/cip/pr)

23 septembre 1996 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 3  min.
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