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Des théologiens belges s’expriment sur l’excommunication du P. Balasuriya
Critiques, inquiétudes et interrogations contre la décision de Rome
Bruxelles, 5mars(APIC) Des théologiens belges manifestent leur préoccupation à la suite de l’excommunication du Père Tissa Balasuriya 72 ans, religieux de la congrégation des Oblats de Marie Immaculée. Cette mesure, selon
eux, montre la difficulté de Rome à accueillir une pluralité de théologies
respectueuses de l’essentiel de la foi.
«Excommunier un théologien qui se risque à avancer sur le terrain de
l’inculturation et du dialogue des religions et qui en même temps proteste
de son attachement à la foi de l’Eglise, c’est manifester une fois de plus
la difficulté, voire l’incapacité des autorités romaines à accueillir une
pluralité de théologies respectueuses de l’essentiel de la foi», déclare
aujourd’hui la section belge francophone de l’Association Européenne de
Théologie Catholique, à propos de l’excommunication du Père Tissa Balasuriya.
Par le passé, la section belge francophone de l’AETC a déjà pris position à propos d’événements d’Eglise où des enjeux plus proprement théologiques étaient engagés. Ainsi lors de la révocation de Mgr Jacques Gaillot ou
lors de la fermeture de la section théologique du Séminaire de Namur. Les
théologiens, explique le Père Paul Tihon, président de leur section, ne
pouvaient rester indifférents «devant la mesure qui vient de frapper un
théologien srilankais très respecté», le Père Tissa Balasuriya, 72 ans, religieux de la congrégation des Oblats de Marie Immaculée.
Le Conseil de l’AETC, section belge francophone, s’associe ainsi au mouvement de soutien au Père Balasuriya, mouvement déclenché par la notification de la Congrégation du Vatican pour la Doctrine de la Foi, pour motif
d’hérésie manifeste et obstinée.
Procédures normales pas respectées?
La position des théologiens belges francophones s’appuie notamment sur
le fait que le recours introduit par le Père Balasuriya auprès de la Signature Apostolique du Vatican a été jugé recevable: «C’est au moins l’indice
d’une présomption que les procédures normales n’ont pas été respectées dans
son cas. Aucune occasion ne lui a été donnée de débattre avec des personnes
compétentes au sujet des positions qui lui étaient reprochées. Les explications écrites qu’il a fournies ont été simplement jugées «insatisfaisantes.
Dans le contexte actuel, une telle façon de procéder défigure le visage de
l’Eglise et fait obstacle à l’accueil de l’Evangile par nos contemporains».
Le Conseil de l’AETC/b.fr. s’interroge également sur «la justesse – pour
ne pas parler de l’inhumanité – d’une sanction prise à l’encontre d’un homme qui, d’après nos informations, n’a cessé de donner des preuves de son
attachement à l’Evangile et à l’Eglise. En outre, il a répété à maintes reprises qu’il ne considérait pas l’état actuel de sa pensée comme soustrait
à la critique. Il a accepté de signer la profession de foi rédigée par le
pape Paul VI, laquelle contient tous les points essentiels qu’on l’accuse
de mettre en doute. C’est pourquoi plus d’un expert a émis des doutes sérieux sur l’opportunité et la pertinence d’une telle mesure en réponse à un
prétendu écart doctrinal pour lequel l’obstination de l’auteur est loin
d’être avérée. Quant à savoir si l’Eglise n’a aucune autorité pour permettre l’accès des femmes à l’ordination presbytérale, malgré les précisions
du cardinal Ratzinger, ce point continue d’être largement débattu dans notre Eglise, y compris dans les milieux théologiques, et des positions divergentes n’ont pas jusqu’ici entraîné d’excommunication».
La section belge francophone de l’AETC compte environ 80 membres, tous
docteurs en théologie ou licenciés chargés d’enseignement théologique au
niveau supérieur. Elle est présidée par Paul Tihon, jésuite, professeur à
l’Institut International «Lumen Vitae» (Bruxelles) et conseiller théologique du Conseil Interdiocésain des laïcs (CIL). (apic/cip/pr)



