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apic/Belgique/Visiteurs de malades/Martelet
Le Père Martelet, devant 375 visiteurs de malades à Namur
«Le problème du mal est sans réponse mais a un répondant» (071096)
Namur, 7octobre (APIC) Quelque 375 visiteurs de malades de Wallonie et de
Bruxelles se sont rassemblés le 5 octobre à Namur pour leur journée interdiocésaine annuelle. Le Père Gustave Martelet, théologien français, les a
invités à regarder en face le problème du mal, mais aussi à redécouvrir la
manière singulière dont l’expérience de Jésus l’éclaire: «C’est un problème
sans réponse, mais il a un répondant».
«Qu’est-ce que j’ai fait au bon Dieu ?» Le Père Martelet prend très au
sérieux le problème posé par la réalité de la souffrance et par l’existence
du mal. «Dieu est compromis par cette question», constate-t-il: elle fait
«scandale» par rapport à l’image que l’on se fait d’un Dieu Créateur.
Mais de quoi Dieu est-il responsable ? Le théologien met son auditoire
en garde contre les représentations de Dieu : mieux vaut se laisser guider
par la Bible, et d’abord par ce qu’elle dit de l’expérience de Jésus. Or
Jésus, soulignent les auteurs du Nouveau Testament, a assumé jusqu’au bout
l’expérience humaine de la souffrance et de la mort. «Il le fallait», écrivent-ils ! Expression paradoxale : elle suggère que Dieu tenait à relever
jusqu’au défi extrême causé par la souffrance et la mort de l’innocent. Au
lieu de dédouaner Dieu à la légère, le Nouveau Testament montre que le
Créateur tient à poursuivre son oeuvre jusqu’au bout: il sauve l’homme de
la souffrance et de la mort, il le fait passer de la mort à la vie.
«Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?» lançait pourtant le
Crucifié du Golgotha dans un dernier cri vers le ciel. Cette question ultime, d’après les Evangiles, n’est pas tombée dans le vide : Jésus a trouvé
en Dieu, non pas une «réponse» à l’énigme du mal, mais un «répondant» pour
sa propre vie, précise le Père Martelet. La résurrection de Jésus, explique-t-il, est la réponse du Père à son Fils. Elle révèle en même temps aux
hommes que le Créateur n’abandonne aucun d’eux.
Un Dieu à l’écoute
En prévision de leur rassemblement, les visiteurs de malades avaient été
nombreux à demander que l’on aborde le problème de la souffrance et du mal,
ainsi que des questions soulevées autour de l’exorcisme. Le conférencier de
cette année a préféré aborder le sujet de la journée dans une optique centrale : «Souffrance des hommes, mort et résurrection de Jésus».
Dans ce cadre élargi, le Père Martelet ne s’est pas dérobé aux questions
de l’auditoire. Très souvent, ses réponses l’ont amené, à nouveau, à dissocier clairement le «péché» de la maladie, de la souffrance et de la mort.
Pour le théologien, il n’est pas question d’ajouter à l’épreuve des malades
que l’on visite la torture d’une accusation injuste et non évangélique :
«Si vous souffrez, c’est de votre faute !» (apic/cip/pr)



