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TerreSainte: «On étrangle les institutions palestiniennes»(150496)

Appel à l’aide du recteur de l’Université catholique de Bethléem

Bethléem, 15avril(APIC) «Avec le bouclage des territoires, les Israéliens

étranglent lentement mais sûrement l’économie et toutes les institutions

scolaires, sanitaires et sociales palestiniennes. Je crains pour la survie

des institutions chrétiennes de Jérusalem: il semble que l’on mène ici une

politique de séparation des races», a déclaré lundi à l’agence APIC le Frère Ronald Gallagher, recteur de l’Université catholique de Bethléem.

Le recteur de l’unique université catholique de la région – soutenue par

le Vatican – ne cache pas sa colère:depuis le 25 février – et probablement

jusqu’aux élections israéliennes prévues pour la fin mai – une bonne vingtaine de ses professeurs vivant en Cisjordanie ne peuvent plus se rendre à

leur travail.

Les étudiants venant de Ramallah ou de Bir Zeit doivent passer par Jéricho, par des routes défoncées et dangereuses, pour contourner l’agglomération de Jérusalem, qui leur est barrée. Professeurs et étudiants vivant à

Jérusalem dépendent du bon vouloir des militaires pour se rendre à l’Université de Bethléem: «c’est une véritable ghettoïsation, le monde doit le

savoir, il faut faire pression sur le gouvernement israélien!»

Les frais de transport représentent maintenant plus que les frais scolaires, déplore le recteur de l’Université. Les conséquences:une diminution des étudiants en provenance de la partie de la Cisjordanie située au

nord de Jérusalem. La Faculté qui forme les infirmières est également touchée: elles ne peuvent pas aller en stage dans les hôpitaux palestiniens de

Jérusalem Est comme Al-Mokassad, St-Joseph, Augusta Victoria, St-Jean…

La situation la pire depuis 1967, danger pour le processus de paix

Le vice-chancelier de l’Université de Bethléem dénonce les mesures de

punition collective contre les Palestiniens prises «au nom de la sécurité».

A Bethléem, relève le Frère Ronald Gallagher, les gens affirment que la situation est la pire depuis 1967: la moitié de la population est au chômage,

les étudiants ne peuvent plus payer les cours et nombreux sont les gens qui

doivent maintenant acheter le pain à crédit. «Pour beaucoup de Palestiniens, le processus de paix est presque mort, les gens sont en colère mais

ils ne peuvent rien faire!». (apic/be)

15 avril 1996 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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