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apic/Bible BCC/Compromis éditeurs

«Bible des Communautés chrétiennes»: les éditeurs

acceptent de modifier 19 passages suspects d’antijudaïsme

L’audience du tribunal prévue mercredi annulée (111095)

Paris, 11octobre(APIC) Les éditeurs de la Bible controversée des Communautés chrétiennes ont finalement accepté de modifier 19 passages qualifiés

d’antijudaïsme, qui figurent dans cette Bible. Ce revirement a entraîné

l’annulation de l’audience du tribunal prévue le 11 octobre à Paris.

Le mercredi 11 octobre devait en effet se dérouler l’audience mettant en

présence les éditeurs de la «Bible des Communautés chrétiennes» (BCC) et la

Ligue internationale contre le racisme et l’antisémtisme (Licra), qui leur

reprochait plusieurs passages ou commentaires qualifiés d’antijudaïsme.

L’affaire n’est finalement pas passée devant les tribunaux, les éditeurs

ayant accepté de modifier dix-neuf passages de la Bible controversée. Les

milieux juifs ne sont pas rassurés pour autant.

La BCC est le fruit de l’expérience missionnaire de deux frères, les Pères Bernard et Louis Hurault, l’un vit dans les bidonvilles du Chili, l’autre depuis 40 ans est en milieu populaire de la banlieue parisienne. La

première édition de la «Bible latino-espagnole» a été vendue à des millions

d’exemplaires en Amérique du Sud. La BCC, qui en est l’adaptation française, avait reçu l’»imprimatur» de Mgr Thomas, évêque de Versailles, qui

l’avait ensuite retiré. Sa diffusion n’en avait pas moins été poursuivie

par les éditeurs contre la volonté du Vatican. En mars dernier, la Licra

avait annoncé qu’elle envisageait, pour l’empêcher, d’utiliser «toutes les

voies du droit, tant sur le plan civil que pénal».

Suite à un rapprochement discret entre la Licra et les éditeurs, les religieux de Saint-Paul (la Sobicai en Italie et Mediaspaul en France), une

nouvelle traduction des passages en cause sera soumise à l’imprimatur de

l’Eglise catholique par les Pères Bernard et Louis Hurault, dévoile mercredi «La Croix». En outre, selon le quotidien catholique, la Sobicai et Mediaspaul se sont engagés à retirer du commerce, dans les 45 jours, les

exemplaires de l’actuelle édition (la deuxième), toujours en vente.

Une troisième édition?

Si la Licra a pris acte de la bonne volonté des éditeurs, certains milieux juifs, malgré l’attitude positive de la hiérarchie catholique, en

France et à Rome, restent inquiets. Outre qu’ils aimeraient être informés

des modifications apportées, ils ont appris qu’une troisième édition n’attendrait plus, pour être diffusée, qu’un «imprimatur» ecclésiastique. Or,

celui de l’épiscopat français, dont le bureau d’études doctrinales a mis

sur pied l’an dernier une commission d’experts pour tout «imprimatur» d’une

traduction biblique, ne devrait pas intervenir avant plusieurs mois, le

temps de recueillir les conclusions de la commission d’experts. Les éditeurs patienteront-ils jusque là?

Comme le souligne «La Croix», les enjeux économiques sont énormes: la

BCC s’est vendue en quelques mois à des dizaines de milliers d’exemplaires.

«Mais les enjeux théologiques le sont davantage encore, note le journal,

quant à la manière de comprendre le christianisme lui-même et quant aux

conséquences d’une telle compréhension sur le dialogue judéo-chrétien».

(apic/cip/pr)

11 octobre 1995 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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