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apic/BICE / Resilience

Genève; le BICE présente le concept de la «résilience» (210894)

Un tournant pour l’organisation

Changement d’orientation aussi pour sa revue «L’enfance dans le monde»

Genève, 18août(APIC) Coup double pour la revue internationale du BICE

(Bureau international catholique de l’Enfance), qui présente son dernier

numéro dans sa version actuelle, ainsi que le concept de «résilience», que

plusieurs auteurs d’articles expliquent à travers une centaine de pages.

Tout un programme, pour un concept longtemps ignoré, mais aussi vieux que

l’humanité pourtant…

Avec son dernier numéro qui vient de paraître, «L’Enfance dans le monde», la revue bi-mensuelle internationale du Bureau international catholique de l’Enfance achève une étape. A partir de 1995, l’instrument de communication du BICE ne sortira plus qu’une fois par an sous le titre «Enfance dans le Monde Annuel», pour analyser les grands thèmes de l’enfant traités par le BICE durant l’année, mais aussi pour présenter des recherches et

des réflexions significatives sur la croissance intégrale de l’enfant. Ce

dernier numéro, sous sa forme actuelle, est entièrement consacré au concept

de «résilience» désormais adopté par le BICE. Résilience?

De l’avis de Stefan Vanistendael, un des nombreux auteurs d’articles, la

résilience est un concept longtemps ignoré et guère aisé à définir dans le

cadre des sciences humaines. Même si ce concept est sans doute aussi vieux

que l’humanité. Du point de vue de l’action, la résilience comprend deux

éléments; l’aptitude à résister à la destruction, c’est-à-dire à préserver

son intégrité dans des circonstances difficiles; l’aptitude à réagir positivement en dépit des difficultés.

Souvent les enfants et adolescents qui ont connu la douleur et la souffrance de l’abandon, du conflit, de la cruauté, de la guerre et de la faim

semblent avoir perdu toute énergie, physique et psychique. Leur capacité à

guérir paraît si irrémédiablement détruite que ceux qui travaillent avec

eux n’en obtiennent aucune réaction avant des mois, parfois même des années. Ces jeunes, explique-t-on, sont plongés dans l’inertie et le désespoir.

«Il faut donc trouver des moyens de sauver ou de retrouver la résilience de

ces enfants».

De l’ingénierie aux sciences humaines

La résilience est un concept bien connu en mécanique et en ingénierie,

où elle désigne certaines qualités des matérieux. Le terme anglais

«résilience» désigne également des qualités comparables chez les êtres

humains, mais apparemment, les autres langues ne donnent pas ce sens

second. Celui-ci pourrait apparaître naturellement, à mesure que le concept

gagne en importance.

Les sciences humaines ont découvert le concept de résilience un peu par

hasard, comme c’est souvent le cas pour les grandes découvertes telles que

la pénicilline ou la théorie du chaos en mathématiques. Emy Werner, psychologue américaine, a suivi le développement d’enfants nés dans des familles

à problèmes sur l’île Kauai (Hawaï). Elle a constaté que, contre toute attente, certains enfants finissaient par devenir des adultes heureux et

constructifs. Plus récemment, cerains chercheurs comme Friedrich Lösel ont

concentré leurs efforts sur l’identification des facteurs contribuant à la

résilience.

Le BICE et la résilience

La Fondation Van Leer, aux Pays-Bas, fut sans doute la première ONG à

organiser un séminaire sur la résilience (Lesotho, 1991). Le concept a par

la suite été progressivement introduit au sein du BICE: à Pensier, en 1991;

en avril 1992, avec la nomination, par le Conseil du BICE réuni à Birmingham, d’un Comité de 3 membres chargés de suivre les préparatifs et la mise

au point de l’approche de la résilience au sein du BICE; en novembre 1992,

avec la présentation du concept par le professeur Lösel, lors de l’Assemblée générale du BICE à Genève. Le BICE est sans doute la première ONG à

avoir apporté la résilience du monde anglo-saxon et gouvernemental au monde

latin. Le secrétariat du BICE à New York orgnanisait aussi dans cette ville

un séminaire en octobre-novembre 1993.

Pour le BICE, ce concept convient bien à son organisation pour différentes raisons: il se situe entre l’action et la recherche; il reconnaît

l’existence de problèmes mais présente un optimisme réaliste; la recherche

sur la résilience prend la force des pauvres au sérieux. Elle constitue

presque un effort systématique pour apprendre quelque chose des pauvres et

des opprimés; la résilience correspond à une approche holistique de l’enfant et considère ce dernier comme une personne à part entière ayant un rôle à jouer dans la vie…

Selon le BICE, «il n’est d’expérience plus gratifiante que celle d’assister au réveil et à l’épanouissement de la résilience chez des enfants pour

qui le pronostic post-traumatique laissait peu d’espoir. L’un des plus

beaux dons de Dieu à ces enfants est bien cette ’capacité à guérir’, latente, presque imperceptible, que nous appelons résilience». (apic/pr)

21 août 1994 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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