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Genève: Le BIT se penche sur les positions oecuméniques
en matière de justice sociale dans le monde du travail (280296)
Après 2 volumes sur l’enseignement social de l’Eglise catholique
publication à Genève de «Les Eglises protestantes et la question sociale»
Genève, 28février(APIC) Après deux volumes sur l’enseignement social de
l’Eglise catholique, le Bureau international du Travail (BIT), à Genève,
publie un ouvrage sur les positions oecuméniques en matière de justice sociale dans le monde du travail: «Les Eglises protestantes et la question
sociale» – Positions oecuméniques sur la justice sociale et dans le monde
du travail.
Ce recueil de documents du Conseil oecuménique des Eglises (COE) a été
réalisé conjointement par le Père jésuite Louis Christiaens, ancien
fonctionnaire du BIT, et François Dermange, de l’Institut romand d’Ethique,
de la Faculté de théologie de Genève.
Cette contribution prend en compte l’influence profonde des mouvements
confessionnels sur l’évolution de la Communauté mondiale. Elle s’inscrit
dans le droit fil de convictions maintes fois exprimées par le BIT, explique un communiqué de l’organisation internationale.
Ainsi, depuis des années, le Père Louis Christiaens, conseiller du directeur général du BIT pour les affaires socio-religieuses, s’est efforcé,
avec patience et détermination, de mettre en lumière la pensée sociale des
grandes traditions religieuses contemporaines.
Lors d’un colloque organisé par l’Institut international d’études sociales, les analyses proposées par le pape Jean Paul II dans son encyclique
«Centesimus annus» ont été étudiées par des responsables de l’hindouisme,
du bouddhisme, du judaïsme, de l’islam, de l’orthodoxie et du protestantisme. Indéniablement, l’accord a été manifeste quant à l’évaluation des effets dévastateurs sur la condition des travailleurs qui résultent d’une
économie de marché livré à ses propres lois.
Signification humaine du travail
Le constat est plus qu’inquiétant. La montée du chômage ne sera pas
freinée, ni a fortiori arrêtée, par un ajustement automatique de l’offre et
de la demande. L’indispensable lutte pour la création d’emplois, aussi généreuse et organisée qu’elle soit, ne corrigera que partiellement la crise
sociale qui attend de manière insidieuse et radicale les sociétés.
A propos de la signification humaine du travail et du rapport de toute
personne à la société, les religions, dont la fonction spécifique n’est pas
de proposer des solutions techniques au développement mondial de la vie
économico-sociale, ont, estime le BIT, le mérite d’apporter un éclairage
pertinent sur les aspirations matérielles et spirituelles des hommes et des
femmes de ce temps.
«L’attention constante aux composantes essentielles de la personne humaine pour favoriser le développement des sociétés est sans aucun doute à
mettre au crédit de ceux qui ne se contentent pas de se fixer exclusivement
sur les indices de croissance, ni d’emboîter systèmatiquement le pas aux
économistes quantitatifs, mais qui entrent délibérément dans ce qui fonde
la mission propre de l’OIT, c’est-à-dire la mise en oeuvre effective des
droits sociaux et le rappel, non moins urgent, du respect de la dignité de
l’homme».
Les droits sociaux, voulus et prônés de manière tripartite par 173
Etats membres de l’OIT, relèvent directement d’une morale sociale. «Ils ne
peuvent donc pas être accordés sous forme de concessions. Ils font partie
intégrante d’une compréhension réaliste de la communauté mondiale contemporaine. Dans cette perspective de responsabilité morale au plan mondial, les
normes juridiques n’existent pas seulement pour faire fonctionner les sociétés, mais principalement pour que l’homme soit homme, dans ses relations
sociales comme destin personnel».
Faute d’imagination politique…
Pour le BIT, faute d’imagination politique, de convictions éthiques,
d’incitations persistantes à la solidarité en référence à des données culturelles et religieuses, il y a tout lieu de penser que le système économique mondial continuera de rejeter aux marges de l’histoire les abandonnées
de la justice sociale.
La «paix universelle et durable» est toujours à construire et, sur ce
point, «les responsables des mouvements confessionnels, en collaboration
avec les Organisations internationales, ont encore beaucoup à faire».
Dans la dynamique de la solidarité sociale, mise en cause actuellement
par la réticence de certains pays à verser leurs contributions financières
à cet effort, les positions oecuméniques sur le monde du travail entrent
tout à fait en convergence avec les Etats et la société civile. L’ouvrage,
conclut le BIT, souligne légitimement que la dimension économique n’est pas
le tout de l’homme, mais qu’elle doit s’inscrire dans une éthique sociale
exigeante. (apic/com/pr)



