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Inde: Des laïcs catholiques demandent la transparence (140496)
dans les transactions immobilières de l’Eglise
Bombay, 14avril(APIC) Une Association de laïcs catholiques de Bombay demande une meilleure utilisation des ressources de l’Eglise en favorisant la
construction de logements pour les pauvres. Selon le bulletin d’avril
d’Eglises d’Asie, cette «Association contre l’exploitation» exige en outre
une meilleure gestion et transparence dans les transactions immobilières de
l’Eglise. Réactions mitigées de certains membres du clergé qui ne voient
pas tous d’un bon oeil ces exigences des laïcs et cette manière «de laver
son linge sale en public».
L’Association contre l’exploitation (FACE), fondée en 1995 par un groupe
de catholiques de Bombay, veut lutter contre ce qu’elle appelle «le manque
de tranparence et l’absence de responsabilité de la hiérarchie» en matière
de transactions immobilières. L’Association vient d’ailleurs de gagner un
procès devant la Cour Suprême de Bombay, dont l’objet était une transaction
réalisée par une paroisse de la ville, à un prix sous-évalué selon les
plaignants. L’acheteur s’est vu obligé d’ajouter un supplément de 10 millions de roupies à la somme initialement prévue. Cependant les membres de
l’Association ne s’estiment qu’à moitié satisfaits, considérant que l’Eglise perdait là un terrain qu’ils auraient voulu voir utilisé pour le logement de catholiques pauvres.
Selon le secrétaire de FACE, l’avocat Benet Castelino, l’Eglise possède
de grandes ressources, qui utilisées correctement, pourraient servir à
l’amélioration des conditions économiques de beaucoup de catholiques. Refusant de recourir à l’aumône, l’Association voudrait que l’Eglise catholique
mobilise ses fonds pour favoriser la création d’entreprises et la construction de logements. Cette tâche ne pourra se faire que dans la transparence
et l’esprit de responsabilité, estime un autre membre de l’association,
Shalini Sequeira. Ce dernier pense que l’Eglise doit changer de style et
abandonner le secret en matières immobilières. Pour favoriser cette tranformation, il préconise la présence de représentants élus dans toutes les
associations d’Eglise.
Réactions ecclésiastiques
Certains prêtres de Bombay émettent certaines réserves vis-à-vis de FACE. Selon le Père Oswald Gracias, les transactions immobilières doivent
être réalisées dans l’intérêt de l’archidiocèse, le droit canon contenant
d’ailleurs un certain nombre de dispositions destinées à la protection des
intérêts des laïcs. Dans les cas où ceux-ci sont mécontents, ils doivent le
faire savoir à la hiérarchie. Bien que le prêtre admette la nécessité de
davantage de transparence et de responsabilité, il fait remarquer que le
fait de «laver le linge sale en public», comme le fait d’avoir recouru jusqu’à la Cour Suprême, peut être la source de malentendus. Quant au Père Myron Pereira, jésuite, tout en reconnaissant que l’existence de cette association est une bonne chose, il s’étonne toutefois de voir tant de personnes chercher à contrôler les biens de l’Eglise. (apic/eda/ba)



