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apic/Bosnie/ catholiques menacés de disparition/Mgr Sudar

Sarajevo: L’Eglise catholique menacée de disparition (010895)

Cible des Serbes, mais également des Bosniaques musulmans

Udine, 1eraoût(APIC) Avant la guerre, les catholiques de l’archidiocèse

de Sarajevo étaient quelque 528’000, et aujourd’hui, leur nombre ne dépasse

guère les 200’000. Victimes de l’agression serbe, les catholiques de Bosnie

ne sont pourtant pas épargnés par les musulmans, a dénoncé mardi Mgr Pero

Sudar, évêque auxiliaire de Sarajevo. Les soldats bosniaques ont ainsi détruit 30 églises et en ont endommagé gravement 29 autres.

Dans une interview publiée mardi par le quotidien catholique italien

«L’Avvenire», Mgr Sudar rappelle qu’avant la guerre l’archidiocèse de Sarajevo comptait 144 communautés paroissiales. Aujourd’hui, 57 ont été rayées

de la carte:»Il n’y en a plus trace!» Invité par l’archevêché d’Udine, au

nord de l’Italie, dans le cadre d’une rencontre des Caritas de la région,

Mgr Sudar a souligné que les Serbes ont détruit jusqu’aux cimetières, et

pas seulement les églises et les monastères. 400 édifices appartenant à

l’archidiocèse portent les signes des attaques serbes, relève-t-il, tout en

signalant que «les musulmans ont aussi fait leur part»: «Nous sommes

menacés non seulement de l’extérieur, mais également de l’intérieur».

L’armée gouvernementale est ainsi accusée d’avoir touché 217 édifices

religieux.

Les catholiques de Bosnie passés par pertes et profits?

«L’exode des catholiques continue; ceux qui s’en sont allés sont invités

à ne plus rentrer et ceux qui sont restés en zone musulmane sont poussés à

partir». L’évêque auxiliaire de Sarajevo se demande dans ces circonstances

si l’Eglise catholique va pouvoir survivre à cette hémorragie: les évêques,

les prêtres et les religieux sont restés là où ils ont pu, mais des 345

prêtres présents avant le conflit, 288 ont dû faire leurs valises. Sur 500

religieuses, 150 ont résisté. Mgr Sudar estime qu’il est juste que le monde

réagisse à cause de ce qui arrive aux musulmans bosniaques, «mais pourquoi

personne ne s’intéresse au sort des catholiques de Sarajevo et de Banja Luka?»

S’il est juste d’assurer les droits des musulmans à Mostar, pourquoi

n’en fait-on pas autant pour les catholiques de Zenica, de Tuzla et de Sarajevo, se demande l’évêque auxiliaire, qui qualifie la guerre actuelle

«non pas de guerre de religion, mais de guerre contre les religions». Mgr

Sudar a lancé à cette occasion un appel pour des jumelages entre des diocèses européens et les diocèses catholiques de Bosnie menacés de disparition

par la purification ethnique. (apic/cic/be)

1 août 1995 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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