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apic/Bosnie/ réfugiés
Suisse: Rapatriement de 21’000 réfugiés bosniaques (040496)
Oui au retour mais pas à n’importe quelle condition, dit l’OSAR
Berne, 4avril(APIC) La décision du Conseil fédéral d’ordonner le retour
en Bosnie de 21’000 réfugiés d’ici à l’été 1997 est en soi légitime, estime
l’Organisation suisse d’aide aux réfugiés (OSAR). Mais pour l’organisation
faîtière des oeuvres d’entraide (Caritas, EPER, Croix-Rouge Suisse, OSEO,
Fédération des oeuvres israélites) les modalités proposées par le gouvernement ne sont pas admissibles. Ces retours devraient se faire sur une base
volontaire, sans lien avec l’état-civil des personnes et uniquement après
un examen sérieux de la situation dans la région de provenance des réfugiés.
L’OSAR a pris connaissance avec regret de la décision du Conseil fédéral
de lever dès cet été l’admission provisoire des célibataires et des familles sans enfants. Il est actuellement trop tôt pour garantir que les rapatriements se fassent dans la sécurité et la dignité s’ils sont exécutés de
manière forcée, précise l’organisation dans un communiqué diffusé mercredi.
L’OSAR salue le fait que le Conseil fédéral ait exprimé sa volonté de
faire dépendre l’exécution effective des renvois d’une nouvelle appréciation de la situation en juin. Il faudra alors tenir compte de l’instabilité
de la situation générale en Bosnie-Herzégovine, du respect des droits de
l’homme, de la réalisation des clauses civiles de l’Accord de Dayton, du
droit de retourner au lieu de domicile antérieur.
Second point positif pour l’OSAR: la possibilité pour les intéressés de
faire un voyage d’investigation sur place durant deux mois puis de revenir
éventuellement en Suisse. Cette mesure doit encourager les retours volontaires et permettre une appréciation plus pécise de la situation. Pour les
cas de rigueur il s’agira notamment d’examiner la structure ethnique du
lieu, l’éventuelle existence de mines, la possibilité de subvenir à ses besoins et la présence des infrastructures de base dans la localité d’accueil.
Les élements pouvant favoriser la réintégration durable ne sont malheureusement pas suffisamment pris en compte par le Conseil fédéral, déplore
l’OSAR. Il serait nécessaire notamment de prévoir une supervision générale
des retours par des organisations internationales et d’offrir informations,
conseils et préparation aux candidats au retour. Un tel réseau manque en
Suisse, mais l’OSAR se dit prête à le mettre sur pied afin d’encourager et
soutenir largement les retours volontaires. (apic/com/mp)



