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apic/Brésil/Amnesty International/Présidentielle

Brésil: Amnesty International demande aux candidats (130994)

à la présidence de se prononcer ouvertement en faveur des droits de l’homme

Londres/Berne, 13septembre(APIC) Amnesty International (AI) demande à

tous les candidats à l’élection présidentielle au Brésil de s’engager

publiquement à respecter un programme de défense des droits de l’homme et

d’exposer comment ils entendent mettre un terme à la situation déplorable

des droits fondamentaux dans le pays.

«Les élections nationales, dont le premier tour est prévu pour début

octobre, placent le Brésil à un tournant dans sa lutte pour le respect des

droits de l’homme», a déclaré AI. 10 ans après le retour à un régime civil,

les violations des droits de l’homme continuent à un rythme effrayant. On

peut citer, entre autres, les exécutions extrajudiciaires d’enfants des

rues et d’adultes par la police et les escadrons de la mort, les lynchages,

la torture et les mauvais traîtements de prisonniers ou de personnes

détenues par la police.

Il est difficile d’obtenir des chiffres fiables pour ce type de

violations. On sait néanmoins que pour la seule année 1991, la police de

Sao Paulo a tué 1’140 civils; un quart de morts violentes de cette

année-là, au Brésil, seraient dues à un recours abusif systématique à la

force meurtrière par la police. A Rio de Janeiro, 1’200 personnes auraient

été assassinées par les escadrons de la mort entre septembre 1993 et juin

1994. Les chiffres les plus récents du ministère fédéral de la Justice

montrent que la police a enregistré 5’644 morts violentes d’enfants entre

1988 et 1991. Bon nombre de ces assassinats ont été commis par la police

elle-même ou par des escadrons de la mort opérant avec sa complicité.

Au cours des dernières années, le nombre des violations des droits de

l’homme n’a cessé d’augmenter, avec les massacres de plus en plus

importants dont les victimes étaient, pour la plupart, les membres les plus

vulnérables de la société. Or, rares sont les responsables qui ont été

traduits en justice, les violation des droits de l’homme restant toujours

impunies. Même dans les cas où les témoins se sont présentés et où quelques

poursuites ont été engagées, les accusés ont fini par être rétablis dans

leurs fonctions au sein de la police, et les témoins ont été assassinés.

«Il ne pourra être mis fin aux assassinats et à la torture que si les élus

du nouveau gouvernement accordent à la promotion et la protection des

droits de l’homme la plus haute priorité», conclut AI .(apic/com/eb)

13 septembre 1994 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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