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apic/Brésil/Condamnation/Violence
Les Eglises d’Amérique latine et des Caraïbes
condamnent le massacre des paysans sans terre au Brésil (260496)
Ouverture d’une enquête exigée
Sao Leopoldo, 26avril(APIC) Après la ferme condamnation, par le cardinal
Roger Etchegaray, président de «Justice et Paix», du massacre de plus de 20
– plus de 25 selon d’autres sources – paysans sans terre au Brésil, les
Eglises d’Amérique latine et des Caraïbes dénoncent à leur tour cette tuerie survenue le 17 avril dernier dans l’Etat du Para. Emboîtant en cela le
pas à la Conférence épiscopale brésilienne.
Selon l’Agence de nouvelles d’Amérique latine et des Caraïbes (ALC), au
moins vingt-cinq paysans sans terre sont morts et 46 autres ont été blessés, lors de cet affrontement qui a opposé le 17 avril quelque 1’500 manifestants, des paysans sans armes, à un bataillon de la police militaire à
Eldorado de Carajas, dans l’Etat du Para, à quelque 650 kilomètres au sud
de Belem, capitale du Para.
«C’est avec douleur que nous voyons une fois de plus la violence policière s’abattre sur des paysans sans terre qui luttent pour obtenir le
droit à la terre, violence accompagnée de son lot de morts, de blessés, et
de personnes disparues», déplorent les responsables d’Eglises luthériennes,
réunis du 15 au 22 avril au Brésil, dans la lettre pastorale qu’ils adressent à leurs communautés.
Par ailleurs, dans une lettre au président du Brésil, Fernando Henrique
Cardoso, les responsables de la région Brésil du Conseil des Eglises d’Amérique latine (CLAI) demandent qu’une «enquête complète» soit menée sur les
circonstances de ce drame et que les auteurs de ce massacre soient punis.
«Il est inconcevable et inacceptable qu’un gouvernement qui aspire à
faire d’un Brésil archaïque un pays moderne vive sous le signe de la violence policière contre des travailleurs qui luttent pour une cause juste»,
précise la lettre signée par le président du CLAI, le pasteur Walter Altmann, le président du CLAI/Brésil, le pasteur Joao Dias de Araujo et le secrétaire régional, le pasteur Claudo Oliver dos Santos.
Cette lettre rappelle que les responsables d’un autre massacre, en août
dernier, à Corumbiara, dans l’Etat du Rondonia, n’ont jamais été jugés et
que le pays assiste, effrayé, à une nouvelle «lutte inégale, celle des faucilles massacrées par les fusils et les mitrailleuses».
Le CLAI exige, une enquête complète sur les faits, la punition des
coupables et surtout, la définition et la mise en application d’une politique de redistribution des terres, pour qu’enfin nous passions d’un Brésil
archaïque à un Brésil moderne, comme l’a proclamé avec force le président
devant tout le pays, dit le CLAI. (apic/eni/pr)



