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Brésil: Les paysans descendent dans les rues (030795)

Revendication première: réforme agraire urgente

Brasilia, 3juillet(APIC) Les travailleurs ruraux de toutes les régions du

Brésil manifestent et descendent dans les rues en réclamant une véritable

réforme agraire, une revendication souvent promise dans les campagnes électorales des politiciens, mais qui a terriblement de peine à se mettre en

place. Durant tout le mois de juin, les paysans sans terre, appuyés par la

Commission pastorale de la terre (CPT), exigent des autorités politiques la

révision du modèle de développement socio-économique du pays et de meilleures conditions de vie à la campagne.

D’autres organisations paysannes et syndicales se sont mobilisées avec

la CPT. Parmi les plus importantes, la Confédération nationale des travailleurs dans l’Agriculture, le mouvement des paysans sans terre (MST), la

Centrale unique des travailleurs (CUT), le Conseil national des collecteurs

de caoutchouc et la Coordination des peuples indiens du Brésil (CAPOIB).

Ces organisations exigent, outre la réforme agraire, de meilleures conditions de commercialisation des produits agricoles et de la pêche artisanale. En adressant leurs pétitions aux gouvernements de chaque Etat brésilien et au gouvernement fédéral, elles demandent une rapide distribution de

terres aux paysans, sans oublier la démarcation de la terre des Indiens.

Ces mouvements paysans réclament en outre l’arrestation des hommes de mains

des grands propriétaires qui sèment la terreur dans les campagnes en menaçant de mort ou en tuant les travailleurs organisés.

La réforme agraire reste, pour toutes ces organisations, un projet fondamental pour gérer des emplois et mettre fin à la violence armée dans les

campagnes et pour augmenter la production agricole.

Augmentation des conflits de la terre

La Commission pastorale de la terre (CPT), reconnue par la Conférence

nationale des évêques du Brésil (CNBB), poursuit elle aussi les mêmes objectifs. Elle vient de publier une enquête, intitulée «Conflits de la terre, Brésil 1994». La CPT y relate les 485 conflits de la terre enregistrés

en 1994 au Brésil et dénonce l’assassinat de 45 travailleurs ruraux. Ces

conflits de la terre concernent 1,8 millions d’hectares disputés par

237’000 personnes. Les menaces de mort (154 en 1993, 212 en 1994) et les

tentatives d’assassinats (37 en 1993 pour atteindre 62 en 1994) augmentent

d’une manière significative. Des milliers de lettres réclamant une véritable réforme agraire ont été envoyées au président de la République Fernando

Henrique Cardoso qui en avait fait un des thèmes privilégiés de sa campagne

électorale.

Le premier a avoir signé la lettre au président de la République est le

sociologue très connu au Brésil Herbert de Souza, appelé familièrement «Betinho», animateur de «l’Action des citoyens» et coordinateur de la Campagne

nationale pour la réforme agraire. Un paragraphe de la pétition redit fermement les exigences de tous les travailleurs ruraux sans terre: «La terre

est un bien planétaire, qui ne peut être le privilège de quelques-uns. La

terre, un bien social, existe pour produire des aliments et des emplois.

C’est un bien de tous pour la vie de tous. Ceux qui désirent «démocratiser

la terre», qu’ils signent cette lettre! Nous voulons des résultats concrets

pour ce siècle encore. Nous en avons assez d’attendre!» (apic/em/ba)

3 juillet 1995 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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