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Sao Paulo: critiques d’agents pastoraux (170195)
au nouveau gouvernement brésilien
La situation sociale des pauvres est scandaleusement oubliée
Sao Paulo, 17janvier(APIC) Trop de Brésiliens vivant dans la misère ne
bénéficient en rien de la baisse de l’inflation tant vantée par la propagande gouvernementale. Analysant la conjoncture politique actuelle, les
membres de l’action pastorale sociale de Sao Paulo font de sérieuses réserves à des ministres récemment nommés et exigent que le nouveau gouvernement
de Fernando Henrique Cardoso n’oublie pas les exclus.
La Commission pastorale de la Terre (CPT) a critiqué par exemple le
choix du nouveau Secrétaire de l’Agriculture de l’Etat de Sao Paulo, le
grand propriétaire terrien Antonio Cabrera, qui était déjà ministre sous le
gouvernement Collor. Au niveau fédéral, la CPT a aussi critiqué le nouveau
ministre de l’Agriculture, le banquier Andrade Vieira, qui n’a jamais montré un quelconque intérêt pour les questions agricoles. Dans une note officielle, la CPT dénonce ces nominations en affirmant qu’elles sont le fruit
d’un pacte conclu au sein de la classe dominante commerciale et agro-industrielle. Ces milieux ne se sont jamais précoccupés de l’augmentation du niveau de vie des travailleurs agricoles.
La pastorale ouvrière, de son côté, n’est pas non plus avare de critiques. Dans un article paru dans le journal de l’archidiocèse, «O Sao Paulo», la pastorale ouvrière dénonce le nouveau modèle économique qui sert
copieusement une minorité de la population et crée une énorme classe d’assistés, objets de misérables compensations économiques. Avec ce système, la
concentration de la richesse va aller croissant. La misère sera administrée, mais nullement vaincue par l’offre de salaires décents pour la classe
ouvrière. Alors que la production et les bénéfices des entreprises ont encore augmenté, subsistent 8 millions de chômeurs et un million de personnes
ne recevant que le salaire minimum. «Les exploités du passé deviennent les
exclus d’aujourd’hui».
La pastorale ouvrière affirme en outre que seul 30% de la population
économiquement active est intégrée dans le marché de la production. Dans un
pays où la malnutrition peut se comparer à celle d’Haïti, la fête luxueuse
donnée lors de la prise du pouvoir du nouveau président a choqué par son
insolente richesse. La télévision s’était fait un plaisir de montrer au
pays entier les milliers d’invités, en tenue de gala, dégustant un buffet
somptueux. (apic/em/ba)



