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apic/Brésil/Franciscain condamné/Prison/Protestation/Adveniat

Brésil:4 ans et dix mois de prison pour un(030996)

prêtre engagé aux côtés des paysans sans terre

Vive protestation de l’oeuvre épiscopale allemande «Adveniat»

Essen/Paraiba, 3septembre(APIC) L’oeuvre d’entraide des évêques allemands

pour l’Amérique latine «Adveniat» à Essen a élevé mardi une vive protestation mardi contre la récente condamnation à 4 ans et dix mois de prison

d’un religieux franciscain brésilien, engagé aux côtés des paysans sans

terre du Brésil.

Mgr Dieter Spelthahn, directeur d’»Adveniat», a qualifié la décision de

la justice brésilienne de «totalement incompréhensible» et de «mesure

choquante» contre la démarche non-violente de la Commission pastorale de la

terre (CPT) de l’Eglise catholique au Brésil.

Le Père Anastacio Ribeiro a été lourdement condamné par le Tribunal

d’instance du district d’Alhandra, dans l’Etat de Paraiba, pour s’être opposé à une décision judiciaire d’évacuation. Leader de la Commission pastorale de la terre (CPT), un organe officiel de la Conférence nationale des

évêques du Brésil, le Père Ribeiro a participé à l’occupation, en novembre

1995, de terrains non cultivés sur le territoire des fazendas de Jacuma et

de Tabatinga, dans la région de Conde, au Nordeste brésilien.

Le Père Ribeiro s’est opposé à l’évacuation forcée des parcelles occupées par des familles de paysans sans terre. Il a alors été arrêté avec les

occupants et a passé quelques jours en prison sous l’accusation de faire

partie d’une «association de malfaiteurs» et d’une «organisation secrète»,

à savoir la CPT. Ce qui a provoqué la protestation des évêques brésiliens.

Cinq millions de familles brésiliennes sans terre

Notons que plus de cinq millions de familles brésiliennes attendent de

recevoir un lopin de terre dans le cadre d’une réforme agraire toujours

promise mais jamais mise en oeuvre par des gouvernements successifs complaisants à l’égard des latifundistes qui accaparent les terres du pays. De

son côté, Mgr Marcello Pinto Carvalheira, archevêque de Paraiba, a déploré

la «mentalité légaliste sans aucune perspective sociale et sans aucune

conscience historique» qui prévaut au Brésil.

Mgr Pinto Carvalheira fustige cette façon de voir «qui érige le droit à

la propriété en absolu et méprise les droits premiers de toute créature humaine, à savoir le droit à la vie, au travail et à une existence dans la

dignité, droits qui viennent du Dieu Créateur et qui n’ont pas besoin

d’être concédés par les privilégiés». (apic/mdf/kna/be)

3 septembre 1996 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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