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apic/Brésil/Plainte/Commission pastorale
Brésil: Les membres de la pastorale de la terre traduisent le (060296)
gouvernement devant la Commission des droits de l’homme de l’ONU
Brasilia, 6février(APIC) Les membres de la pastorale de la terre, de
l’Eglise catholique au Brésil, traduisent le gouvernement brésilien devant
la Commission des droits de l’homme de l’ONU, à Genève.
E. Segismundo, avocat du service juridique de la Commission pastorale de
la Terre (CPT) de l’Eglise catholique brésilienne, a en effet porté plainte
contre le gouvernement de Brasilia auprès de la Commission des droits de
l’homme de l’ONU pour violation systématique des droits de plus de 12 millions de paysans sans terre.
A la veille de la prochaine session de la Commission, qui siégera du 18
mars au 26 avril à Genève, l’avocat voyage en Europe afin d’obtenir le soutien de diverses organisations internationales qui ont un statut consultatif auprès des Nations Unies pour dénoncer les massacres de paysans sans
terre au Brésil. «Les auteurs ont constamment bénéficié de l’impunité»,
s’insurge E. Segismundo.
Parmi les cas les plus flagrants, le réseau «Kairos» signale celui de la
torture, suivie d’une exécution sommaire de neuf paysans et d’un enfant à
Corumbaria (Rondonia) le 9 août dernier. Des paysans avaient occupé le domaine de Santa Elina, appartenant à un propriétaire de Sao Paulo. Lors de
la confrontation qui s’ensuivit, 130 paysans furent blessés, dont certains
grièvement. Près de 330 personnes furent détenues: 150 hommes, 80 femmes et
100 enfants. E. Segismundo, qui représente les familles des victimes, dénonce les manoeuvres de la police militaire et des autorités judiciaires de
Rondonia, ainsi que celles du gouvernement fédéral, pour empêcher le châtiment des coupables et l’indemnisation des proches de ceux qui luttaient
uniquement pour leur survie.
Institutionnalisation de l’injustice
Le juriste de la CPT rappelle qu’au Brésil 1% des propriétaires contrôlent 44% des terres agricoles. Ainsi, 290 millions d’hectares sont dans les
mains de propriétaires qui consacrent 85% de leur production à l’exploration, tandis que 70% de la nourriture consommée au Brésil est produite par
des petits et moyens producteurs.
Ces vingt dernières années, le manque de terres a conduit plus d’un demi
million de Brésiliens à gagner le Paraguay, la Bolivie ou l’Argentine. Ceux
qui sont restés au pays doivent se battre pour récupérer les terres communes. Pour les dix dernières années, la CPT a enregistré le meurtre de 980
travailleurs agricoles, juristes, militants religieux et écologistes.
Pour «Kairos», le cas de «Corumbaria» démontre clairement l’institutionnalisation de l’injustice au Brésil. Rien qu’en 1994 on a enregistré dans
le pays 485 conflits relatifs à l’occupation de vastes domaines. Cette situation perdure aujourd’hui, le gouvernement refusant de légiférer pour
promouvoir une réforme agraire juste.
Le Parlement Européen a lui aussi examiné le problème des paysans sans
terre au Brésil. Il a adopté plusieurs résolutions invitant les autorités
brésiliennes à «juger les responsables de ces massacres et à garantir la
sécurité et l’intégrité personnelle, physique et psychologique des survivants». Le Parlement Européen a appelé les autorités brésiliennes à «revoir
de façon drastique les méthodes d’intervention de la police militaire et
civile» et a invité Brasilia à «la plus grande fermeté pour dénoncer,
instruire et punir ces crimes». (apic/cip/pr)




