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apic/Brésil/ police contre paysans sans terre
Brésil: Riposte armée de policiers à l’occupation de terre (131195)
Négociations entre gouvernement et le Mouvement
des paysans sans terre compromises?
Rio de Janeiro, 13 novembre(APIC) 90 policiers de l’Etat du Parana, au
Brésil, ont tenté vendredi de faire évacuer de force 60 familles de paysans
sans terre qui occupaient un terrain dans la commune de Santa Isabel do
Ivai. Devant le refus des paysans d’obtempérer, les policiers ont chargé
blessant 15 femmes et enfants en leur tirant dans les jambes. 8 policiers
ont également été blessés.
Au moment où le gouvernement brésilien et le Mouvement des paysans sans
terre (MST) tentent de négocier, cette nouvelle agression policière ne fait
qu’augmenter la tension dans la région. Les déclarations du Secrétaire de
la sécurité de l’Etat de Parana, Candido Martins, ami du ministre de
l’Agriculture, n’ont pas amélioré la situation. Elles ont plutôt jeté de
l’huile sur le feu. Ce dernier a en effet déclaré que «la police avait agi
correctement avec une grande tranquilité et qu’elle avait pris toutes ses
précautions».
Les derniers événements du Parana ne favorisent guère la sérénité des
négociations actuelles engagées entre le MST et le gouvernement fédéral.
D’autant plus qu’au début des négociations, le pouvoir judiciaire menaçait
de prison quatre leaders du MST de la région de Pontal do Paranapanema de
l’Etat de Sao Paulo: deux d’entre eux, Leoninda Alves et Marcio Barreto
sont déjà sous les verrous.
Selon Frei Betto, théologien de la libération, «en transformant la question sociale en cas de police, le ministère de la Justice est en train de
marcher à reculons et risque de faire capoter les négociations engagées entre le MST et le gouvernement». Frei Betto ajoute en outre, que l’occupation de terres non cultivées est un droit reconnu par la doctrine sociale
de l’Eglise catholique. «Arrêter des paysans peut satisfaire la soif de
puissance de quelques grands propriétaires terriens, mais ce n’est en tout
cas pas choisir le chemin pour réaliser la justice sociale et la réforme
agraire au Brésil». (apic/em/ba)



