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Suisse: Mgr Kräutler demande l’ordination d’hommes mariés (200297)
L’Eglise se place du côté des exclus
Berne, 20février(APIC) Evêque de la préalture de Xingu, la plus vaste du
Brésil, Mgr Erwin Kräutler est cette année l’hôte de la campagne de carême
en Suisse alémanique. D’origine autrichienne, Mgr Kräutler est connu pour
sa lutte en faveur des plus démunis et ses prises de position courageuses
pour des réformes dans l’Eglise. Il plaide en particulier pour l’ordination
d’hommes variés des «viri probati».
La prélature du Xingu aussi vaste que 8 fois la Suisse ne compte que 20
prêtres. Lors de ses visites dans les quelques 600 communautés de base, Mgr
Kräutler rencontre des chrétiens qui ont longuement et soigneusement préparé la messe. Mais ces gens ne comprennent pas pourquoi ils ne peuvent avoir
la célébration eucharistique que tous les quelques mois et parfois même
tous les deux ans. Il n’y aurait aucun incovénient à permettre à quelques-uns d’être ordonnés prêtres. Le Concile dit que la communauté chrétienne ne se construit que si elle a ses racines et son ancrage dans la célébration de l’eucharistie, souligne l’évêque missionnaire.
Lorsqu’un groupe d’évêques brésiliens a présenté il y a deux ans la
question des «viri probati» au cardinal Ratzinger, il leur a répondu qu’on
ne pouvait pas briser de manière violente une tradition vieille de
plusieurs siècles. «Les évêques ne veulent pas la violence, mais attendent
un dialogue fraternel sur ce thème», souligne Mgr Kräutler. Et de rappeler
que le présidium de l’Assemblée des évêques de St-Domingue en 1992 n’a
réagi que par le silence à cette demande.
Tous les êtres humains ont le même droit de vivre
Autre sujet de préoccupation pour Mgr Kräutler, l’aparthei social qui se
developpe au Brésil sur fond de violence. Ce n’est pas nouveau, explique-til. Il y a toujours eu une minorité très riche, une petite classe moyenne
et une masse de pauvres. Malheureusement, avec le néolibéralisme, on cherche le profit maximum. Pour cela on remplace les personnes par des machines. Dans l’industrie comme dans l’agriculture, on se passe de plus en plus
de main-d’oeuvre. Ainsi des pères et mères de familles se retrouvent à la
rue.
La violence reste le plus souvent impunie. A Altamira, la ville où réside Mgr Kräutler, des dizaines d’enfants sont enlevés, battus, violés ou
tués chaque année. En 1994, plusieurs supects ont été arrêtés dans le cadre
d’affaires de violence contre des enfants. Le juge les a relachés à la fin
de l’an dernier par «manque d’indices». «Il n’a pas pris la peine de rechercher d’autres éléments. «On a l’impression qu’avec de l’argent on peut
tout juger», commente l’évêque.
«L’Eglise se place du côté des exclus. Nous pensons que tous les êtres
humains ont le même droit de vivre. Par exemple l’Eglise lutte pour la réforme agraire – sans laquelle les conflits vont se multiplier – pour la démarcation des terres indigènes, l’éducation, la santé… Elle exige que
l’Etat accomplisse son devoir.» (apic/kap/com/mp)



