Brésil: Le cardinal Arns préside une messe pour le (090894)
apic/Bresil/Tito de Alencar
20e anniversaire de la mort du dominicain Tito de Alencar
Torturé par la dictature militaire
Sao Paulo, 9août(APIC) Le cardinal Paulo Evaristo Arns, archevêque de Sao
Paulo, a présidé dimanche 7 août une messe à la mémoire du frère Tito de
Alencar, torturé par la dictature militaire brésilienne.
A l’occasion de la cérémonie du 20e anniversaire de la mort du religieux
dominicain, au couvent de Perdizes de Sao Paulo, le cardinal a évoqué le
martyre du Fr. Tito de Alencar comme une semence qui a porté des fruits
dans les conquêtes démocratiques du peuple brésilien.
Mgr Arns a salué les religieux et les laïcs – dont beaucoup étaient
présents à la messe – qui ont été emprisonnés et torturés par la dictature.
Dans la liturgie de la pénitence, il a demandé que chacun se rappelle ce
qu’il avait omis de faire ou n’avait pas pu faire «dans ces moments de
torture généralisée, jusqu’à ce que nous arrivions, aujourd’hui, à un
moment de construction de l’espérance».
Le maître de cérémonie était Frei Betto, ex-prisonnier politique comme
le Fr. Tito et d’autres Dominicains. Une banderole de la Pastorale ouvrière
affichait une des dernières phrases écrites par le Fr. Tito avant de se
suicider, près du couvent de l’Arbresle, dans les Monts du Lyonnais, en
France: «Il est préférable de mourir que de perdre la vie».
Une des victimes «privilégiées» des tortionnaires
Prisonnier, Tito avait été une des victimes «privilégiées» des tortures
auxquelles la police militaire soumettait systématiquement tous les prisonniers politiques. Tito de Alencar a été échangé, en décembre 1970, contre
l’ambassadeur de Suisse au Brésil, qui avait été séquestré par la guérilla.
Il a séjourné à Santiago de Chili, puis en France. Mais le souvenir des
tortures et l’image des bourreaux, celle surtout du capitaine Fleury, qui
avait ordonné son supplice, ne l’ont jamais quitté.
Il sombra dans un état de dépression. Les Dominicains l’ont veillé pendant les nuits où il s’imaginait sa mère et ses soeurs torturées par les
sbires de la dictature brésilienne. Des extraits des mémoires de Tito ont
été lues pendant la liturgie. «Tito n’est pas mort fou», a dit le Dominicain français Xavier Plassat, qui a accompagné Tito dans ses derniers moments et travaille aujourd’hui dans le Nordeste. Il a ajouté: «Notre communauté est unanime à reconnaître en lui une figure du Christ». Notons que
durant la célébration, un geste concret de solidarité a été posé vis-à- vis
du peuple de Haïti, en présence d’exilés haïtiens. (apic/cip/be)



