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apic/Brésil/Travail d’esclave/Eglise
Brésil: 10’000 Indiens victimes d’esclavage en 1994 (280994)
Ces six dernières années, plus de 45’000 victimes du travail d’esclaves
Brasilia, 28septembre(APIC) Pour l’année 1994 seulement, près de 10’000
Indiens ont été soumis à un travail d’esclaves au Brésil, dénonce le Conseil Indigéniste Missionnaire (CIMI), un organe de la Conférence épiscopale
nationale du Brésil. Selon le Forum national permanent contre la violence
dans la campagne brésilienne, ces six dernières années, 129 cas de travail
forcé ont été enregistrés, impliquant plus de 45’000 travailleurs. Ce fléau
touche surtout des exploitations agricoles de l’intérieur du Brésil.
A l’occasion d’un récent séminaire intitulé «Travail d’esclaves, plus
jamais!», le Forum a constaté l’inefficacité et l’omission de l’Etat brésilien pour combattre ce phénomène. Jouissant d’une situation de quasi impunité, profitant du manque d’engagement des organismes officiels, des grands
propriétaires terriens et des entrepreneurs – par exemple dans des distilleries et des fabriques de charbon situées dans des régions éloignées de
tout centre – assujettissent par la force des ouvriers souvent surveillés
par des gardes armés et auxquels on a confisqué les papiers d’identité.
D’autres sont tenus par les dettes contractées auprès de leur employeur.
Ces travailleurs forcés sont souvent maltraités et ne bénéficient que
rarement de soins médicaux. Les organismes de l’Eglise brésilienne engagés
dans la lutte contre l’esclavagisme dans les campagnes, comme la Commission
pastorale de la terre (CPT), ainsi que le Forum national permanent, demandent à l’Etat brésilien de relancer et d’améliorer le Programme d’Eradication du Travail Forcé et de développer le projet de loi spécifique concernant le travail forcé et le travail d’esclave. Ils dénoncent l’inactivité
des organes compétents de l’Etat dans la mise en oeuvre des conventions et
traités internationaux bannissant l’esclavage.
Une loi permettant la confiscation des propriétés employant des esclaves
Ces organisations demandent un amendement constitutionnel permettant
l’expropriation sans indemnisation des propriétés rurales où l’on peut
constater la pratique de ce genre de crime, dans le but principalement d’en
dédommager les victimes. Ils exigent aussi la création immédiate d’un corps
spécialisé d’agents de police, d’agents de la Police fédérale et de juges
pour enquêter et réprimer le travail d’esclave au Brésil. (apic/cnbb/be)



