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Belgique:Décès de Mgr De Smedt, ancien évêque de Bruges (021095)

Une figure marquante de l’épiscopat belge, pionnier du Concile

Bruges, 2octobre(APIC) L’un des «ténors du Concile», Mgr Emile-Joseph De

Smedt, évêque émérite de Bruges, est décédé dimanche matin à l’âge de 86

ans. L’ancien évêque de Bruges – il dirigea le diocèse flamand de 1952 à

1984 – fut une personnalité marquante de l’épiscopat belge, notamment dans

la mise en oeuvre des décisions conciliaires dans son diocèse. C’était également une figure de l’oecuménisme et de la vie nationale belge.

L’épiscopat de Mgr De Smedt couvre une période importante de l’histoire

de l’Eglise, dont celle du Concile Vatican II (1962-1965), où l’évêque fut

un des ténors de l’assemblée épiscopale. Les lignes de force de son ministère ont été marquées par de grandes intuitions qui ont trouvé d’amples

échos au Concile et dans la période post-conciliaire.

Un évêque des gens ordinaires

Voulant promouvoir «une Eglise des gens ordinaires», il n’a cessé durant

ses 32 ans d’épiscopat à Bruges de proposer à ses diocésains de «se mettre

ensemble à construire une Eglise cordiale». Dès son arrivée à Bruges, Mgr

De Smedt a étonné par sa manière d’être présent à son diocèse. On attendait

un évêque distant, et le voilà qui mise sur la proximité avec des personnes

de tous horizons.

Il se montra un pasteur à l’écoute des personnes, attentif aux besoins

concrets, encourageant la concertation, incitant au partage des responsabilités. A la faveur de campagnes pastorales renouvelées, c’est l’esprit même

du concile Vatican II que Mgr De Smedt cherche à concrétiser dans les communautés catholiques de son diocèse : l’ouverture au dialogue mutuel, le

sens des relations de voisinage, la formation au travail d’équipe en paroisse, le souci de former une «Eglise chaleureuse», la constitution progressive d’équipes pastorales comportant des laïcs formés.

Envoi de nombreux «prêtres en mission» dès les années 50

Le ministère de l’ancien évêque de Bruges était loin de s’arrêter aux

portes de la Venise du Nord. Mgr De Smet fut, dans les années 50, le premier évêque du monde à faire appel à ses prêtres diocésains pour qu’ils

partent à l’étranger en tant que «prêtres en mission». Ce qui a fait du

diocèse de Bruges, et pour longtemps, l’Eglise locale la plus généreuse en

missionnaires et une des plus solidaires des Eglises du tiers-monde.

Un «ténor du Concile»

Au Concile Vatican II, Mgr De Smedt est intervenu à plusieurs reprises,

dès la première session, pour mettre en cause la vision étriquée des premières moutures de la future Constitution dogmatique sur la «Révélation».

Il en déplorait d’abord une trop faible ouverture oecuménique. Il dénonça

aussi les risques de «triomphalisme», de «cléricalisme» et de «juridisme».

Mgr De Smedt fit ensuite des interventions remarquées sur le «sacerdoce

commun des fidèles», durant l’élaboration de la Constitution dogmatique sur

«l’Eglise». Il eut encore, par la suite, à défendre l’ouverture du «Décret

pour l’oecuménisme», puis l’option résolue du Concile pour le respect de la

«liberté de conscience» dans la «Déclaration sur la liberté religieuse».

Depuis son propre diocèse de Bruges, l’évêque eut aussi à coeur de favoriser les gestes de rapprochement oecuménique. C’est ainsi qu’il prit contact, en 1979, avec le diocèse anglican de Lincoln pour des visites et des

échanges annuels, dont la tradition s’est peu à peu instituée.

La partition de l’Université Catholique de Louvain

En Belgique, le nom de Mgr De Smedt reste par ailleurs attaché à la partition de l’Université Catholique de Louvain en deux institutions autonomes: l’une flamande au nord, l’autre francophone au sud du pays. Mais le

nom de Mgr De Smedt ne restera pas lié qu’à des tensions au sein de l’Eglise catholique de Belgique. Dix ans plus tard, en 1976, il a été, en effet,

le grand instigateur d’une déclaration commune des évêques belges sur «La

vocation de l’Europe». Cette déclaration s’accompagnait d’un document de

travail suggérant aux groupes des pistes concrètes pour «construire l’Europe» et elle se concluait par ces mots : «L’Europe ne renaîtra que par des

hommes qui, s’étant libérés d’eux- mêmes, acceptent d’apporter la libération aux autres».

En 1981, Mgr De Smedt a également marqué de son empreinte la déclaration

de l’épiscopat belge sur «Les chrétiens et la crise» qui invitait les diverses composantes de la société à rechercher, dans le dialogue, notamment

des moyens de créer de l’emploi et de consolider le système de sécurité sociale. (apic/cip/be)

Encadré

Mgr De Smedt naquit à Opwijk, dans l’archevêché de Malines-Bruxelles le 30

octobre 1909. Il fit ses études supérieures à Rome et obtint à l’Université

Grégorienne le doctorat en philosophie et en théologie; il fut ordonné prêtre en 1933.

C’est en 1950 que Mgr de Smedt fut ordonné évêque pour devenir l’auxiliaire et le vicaire général du cardinal Van Roey, archevêque de Malines.

Le 30 juillet 1952, le pape Paul VI lui confia la charge du diocèse de Bruges, dont il devint le 24e évêque. Mgr De Smedt resta à la tête de son diocèse pendant plus de trente ans, jusqu’en décembre 1984. (apic/cip/be)

2 octobre 1995 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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