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Burundi: «Aidez-nous à sauver les orphelins!» (190594)
Appel des religieuses Bene Tereziya
Fribourg, 19mai(APIC) «Aidez-nous à souvez les orphelins». Tel est l’appel lancé par Soeur Joséphine Paulin Ndabemeye, supérieure générale de la
Congrégation des Bene Tereziya au Burundi. De passage en Suisse après avoir
participé au Synode africain à Rome, Soeur Joséphine souligne qu’après plusieurs mois de troubles, les 74 maisons de sa Congrégation, éparpillées
dans tout le Burundi, doivent faire face à une sévère pénurie alors que les
réfugiés affluent.
Les Soeurs Bene Tereziya, congrégation africaine fondée en 1931, ont accueillis ces derniers mois des centaines d’orphelins et de personnes âgées
qui ont tout perdu. Si politiquement la situation est aujourd’hui à peu
près stabilisée au Burundi, économiquement et socialement le pays est totalement déstructuré. Un grand nombre de réfugiés ne sont pas encore rentrés
chez eux.
Immédiatement après le coup d’Etat d’octobre dernier, les religieuses se
sont engagées à servir les réfugiés qui se sont présentés spontanément chez
elles. A plusieurs reprises des soeurs ont risqué leur vie pour cacher des
gens en fuite. «Nous avons donné tout ce qu’on avait, explique Mère Joséphine. Plusieurs de nos maisons ont été pillées, endommagées ou même détruites. Les trois maisons d’accueil qui dégageaient quelques bénéfices ne
fonctionnent plus.»
La première urgence est de rassembler des fonds permettant d’acheter des
vivres lors de la prochaine récolte au mois de juin pour reconstituer les
stocks. La récolte s’annonce normale, sauf dans les endroits où personne
n’a cultivé la terre. Il s’agit également de remettre en état les maisons
endommagées ou détruites. Le second objectif est l’ouverture d’un centre
d’accueil pour les nombreux orphelins tant hutus que tutsis. «La priorité
donnée aux orphelins est un choix que nous avons dû faire», commente Soeur
Joséphine. Les orphelins de père et mère sont soit des membres de la parenté des religieuses, soit d’autres enfants. Il sont actuellement environ
400, mais leur nombre augmente chaque jour.
Autre tâche importante pour les religieuses, il s’agit pour chaque enfant d’établir clairement son identité, de connaître les circonstances de
la mort de ses parents, de tenter de retrouver d’autres membres de sa famille susceptibles éventuellement de l’accueillir.
Soeur Joséphine refuse de se montrer pessimiste pour l’avenir de son
pays. «Durant les combats j’ai vu beaucoup de gestes de solidarité et de
courage, explique-t-elle. Nombreux sont les gens qui ont accueilli, protégé, caché leurs voisins ou des inconnus, partageant nourriture et vêtements. Dans les écoles, des groupes de professeurs et d’élèves ont mis sur
pied des groupes de réconciliation. A yeux de la religieuse, les causes du
conflit sont essentiellement politiques. C’est la lutte pour le pouvoir entre les diverses factions. Après le coup d’Etat, l’armée en général n’a pas
attaqué la première mais est intervenue là où les gens se battaient. De
nombreux officiers ont été très corrects, au moins dans les collines, indique Soeur Joséphine qui ignore cependant ce qui s’est passé alors à Bujumbura. (apic/mp)
Les dons peuvent être adressés par l’intermédiaire de l’Economat provincial
des Pères blancs à Fribourg CCP 17-1818-3 avec mention Soeurs Bene Tereziya




