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Burundi: Hommage à l’archevêque de Gitega assassiné (110996)
Mgr Ruhuna était un homme de paix
Bruxelles, 11septembre (APIC) Mgr Joachim Ruhuna, l’archevêque de Gitega
assassiné le 9 septembre, avait noué des liens particuliers avec le diocèse
de Hasselt, dans l’ancienne puissance coloniale belge. C’était un homme de
paix, témoigne aujourd’hui Mgr Paul Schruers, évêque de Hasselt.
Il y a quelques années, Mgr Ruhuna avait échappé à un attentat. Il me
disait au téléphone : «Je ne savais pas qu’il était si facile de mourir.»
«Il vivait constamment avec la mort en face et il portait en même temps une
grande paix dans son coeur,» témoigne Mgr Schruers.
Jeune évêque, Mgr Ruhuna il était venu à Hasselt en 1975 pour participer
aux fêtes mariales en l’honneur de la Virga Jesse. Depuis lors, il avait de
nombreux amis dans le Limbourg.
Mgr Ruhuna était un homme de paix. De ce Tutsi, les gens disaient: «Il
n’est ni tutsi, ni hutu ; il est notre père à tous.» Alors qu’il était président du Grand Séminaire, il avait monté la garde lors des dramatiques
événements de 1970 pour défendre ses étudiants hutus, au péril de sa propre
vie.
Il fut d’abord évêque du nouveau diocèse de Ruygi, qu’il dota d’une
forte structure pastorale. Devenu archevêque de Gitega, Mgr Ruhuna confia
un jour à son ami: «J’ai d’abord été prêtre, puis évêque et archevêque, il
me reste encore à devenir… un vrai chrétien.» En tout, son désir était de
témoigner de l’authentique Evangile.
«Je lui avais rendu visite il y a quelques années, au cours de la difficile période qui a suivi la mort du président Ndadaye, poursuit Mgr Schruers. Alors que sept membres de sa famille avaient été assassinés par l’autre ethnie, il avait accueilli des centaines de réfugiés hutus dans le jardin et dans les bâtiments de sa résidence. Il allait de colline en colline,
avec un courage paisible, pour lancer des appels à la paix. Nous avions ensemble rencontré les jeunes des deux ethnies à l’université: chacun y avait
fait son récit de souffrance et d’espoir.» (apic/cip/mp)



