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apic/Burundi/ médiation de Sant’Edigio
Burundi: une médiation de la Communauté de Sant’Egidio (030996)
Les Eglises chrétiennes protestent contre les sanctions
Rome/Bruxelles, 3septembre(APIC) La Communauté romaine de Sant’Egidio
tente une médiation dans le conflit pour le pouvoir au Burundi. Un de ses
porte-parole a annoncé la venue à Rome de Julius Nyerere, ancien président
de la Tanzanie, pour «faciliter une solution du conflit inter-burundais».
Au cours des derniers mois, le «père de l’indépendance tanzanienne» a
entrepris des pourparlers avec les partis impliqués dans le conflit burundais avec l’appui de la communauté internationale. Le coup d’Etat du 25
juillet a mis un coup d’arrêt à ce processus de négociation. Peu avant son
départ, Nyerere aurait eu un entretien avec le nouvel homme fort du Burundi, Pierre Buyoya, après que des sanctions socio-économiques ont été décidées par les pays de la région (Cameroun, Zaïre, Kenya, Zambie, Ouganda,
Rwanda et Ethiopie). Sa visite à Rome aurait été précédée de celle du dirigeant hutu Léonard Nyangoma.
Les leaders des groupes ethniques en conflit au Burundi n’étant pas disposés à s’asseoir autour de la table de négociations, des délégués des
Etats-Unis et de l’Union européenne sont entrés en contact avec des médiateurs de la Communauté de Sant’Egidio pour qu’ils s’impliquent dans la recherche d’une solution à la crise qui déchire la région des Grands Lacs.
Les Eglises: un embargo nuisible et inefficace
De leur côté, les représentants des Eglises chrétiennes du Burundi ont
adressé un message à Julius Nyerere pour lui demander de reconsidérer les
sanctions socio-économiques décidées il y a un peu plus d’un mois, dont ils
soulignent les «méfaits sociaux». Les signataires sont Mgr Bernard Bududira, évêque de Bururi et président de la Conférence des évêques catholiques,
Mgr Nduwayo, président du Conseil national des Eglises, et les représentants légaux de l’Eglise adventiste, de l’Association des Evangélistes et
de l’Eglise de Pentecôte Unie.
Le message, dont copie a été transmise pour information aux présidents
des pays qui appliquent les sanctions, ainsi qu’aux secrétaires généraux de
l’ONU et de l’OUA, fait valoir que l’embargo ne punit «pas seulement les
responsables politiques, mais toute la population du Burundi». Enumérant
les maux dûs à l’embargo, notamment dans les domaines de l’aide humanitaire, de la santé, de l’éducation et de l’agriculture, les leaders religieux
expliquent qu’il est nuisible autant qu’inefficace, parce qu’il ne favorise
pas la confiance et le rapprochement des Burundais qui sont, à leurs yeux,
les seuls remèdes aux maux dont souffre le pays».
Le message invite Julius Nyerere à «user de sa sagesse et de son expérience politique pour amener les politiciens burundais à chercher de commun
accord les voies et moyens pour restaurer la confiance au sein de la population», car «la confiance entre les Burundais est la seule arme qui vaincra la peur, la haine, et qui empêchera vraiment les massacres». (apic/cipba)



