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apic/Burundi/Un message des évêques/Le dialogue est encore possible/
Burundi:Pour les évêques, la guerre est un «suicide collectif»(070197)
Une guerre non pas ethnique, mais pour le pouvoir
Bujumbura/Bruxelles, 7janvier (APIC) La guerre au Burundi n’est pas une
guerre ethnique, écrivent les évêques catholiques du pays des Grands Lacs.
«En réalité, tous ceux qui mènent la guerre ne veulent que le pouvoir politique. Les uns pour le garder, les autres pour le conquérir», constatentils dans leur message de Noël 1996 et de Nouvel An 1997 rendu public mardi
à Bruxelles.
Les évêques du Burundi, qui ont tenu leur dernière assemblée ordinaire à
Bujumbura avant Noël, ont une nouvelle fois réfléchi sur la «situation de
détresse sans nom» engendrée par la guerre. Ils se refusent à croire qu’on
ne peut plus rien faire. «Il n’est pas admissible, en effet, de laisser nos
concitoyens continuer à mourir sans rien dire et sans aucune intervention
de notre part», écrivent-ils dans leur message, alors que les souffrances
ont atteint dans tout le pays des proportions «inimaginables».
Un comportement pathologique
Parmi ceux qui ont choisi la guerre, les évêques veulent exclure tous
ceux qui sont entraînés dans les conflits sans en connaître suffisamment
les motivations. Mais il y a les autres, qui «n’ont qu’un objectif: s’emparer du pouvoir et jouir de ses avantages sans partage. Tous les autres motifs qu’on avance habituellement ne sont que simples prétextes». Une guerre
ethnique ? En réalité, rectifient les évêques, tous ceux qui mènent la
guerre ont pour seul souci de profiter des ressources du pays. Et «tous rivalisent pour tuer».
Le message, rédigé en kirundi, met les Burundais en garde: la mort ne
fait pas de distinction: «Quand il y a l’orage, ne dis pas à la foudre de
frapper tes ennemis, car même tes amis périraient avec eux», dit le proverbe kirundi. Les évêques constatent qu’ils assistent ainsi à la mort de toute la nation: «La guerre du Burundi est un suicide collectif qui frappe
tout le pays. Nous sommes à ce point habitués aux massacres en grandes masses que, quand il y a des morts, plus personne n’ose l’annoncer ! Il s’agit
d’un comportement pathologique, car des gens normaux n’accepteraient pas
d’entrer dans une telle logique de suicide collectif».
L’arme du mensonge
Les évêques du Burundi constatent un autre phénomène: la compétition à
laquelle se livrent les partisans de la guerre pour se doter des moyens les
plus efficaces pour tuer. A côté des armes classiques, écrivent-ils, il en
est d’autres «tout aussi mortels», auxquelles le grand public n’est pas habitué, comme les tracts, les journaux, les émissions radiophoniques véhiculant le mensonge, la propagation de faux bruits. Ils dénoncent aussi la
tactique qui consiste à utiliser le mensonge pour faire endosser à d’honnêtes gens des crimes qu’ils n’ont pas commis, afin de les livrer à la vindicte populaire. «De tels coups sont montés surtout contre les dirigeants,
y compris les responsables de l’Eglise, qui ne sont plus épargnés».
Le dialogue est encore possible
Le Burundi a atteint à cet égard un point critique, notent les évêques,
où même ceux qui ne veulent pas la guerre y sont entraînés de force et où
«qui refuse d’obéir est tué». C’est pourquoi ils invitent ceux qui veulent
la paix à s’unir pour refuser publiquement la guerre, à choisir la voie du
dialogue, qui est «encore possible», et à chercher «la victoire de la vérité et du droit». (apic/bia/cip/be)



