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France: Les cadres et dirigeants chrétiens sont convainvus (140197)

qu’il est possible d’humaniser le monde économique et social

Paris, 14janvier (APIC)) «L’écart social n’est pas une fatalité», rappelait dans une récente déclaration la commission sociale de l’épiscopat

français. Au Mouvement des Cadres et Dirigeants Chrétiens (MCC), mouvement

d’Eglise qui rassemble des responsables du monde social et économique, ce

message a été reçu «comme un appel lourd de difficultés de notre temps,

mais aussi comme un aiguillon pour la réflexion et pour l’action». Présentation de leur programme ethique devant l’interpellation de l’épiscopat

français.

Le MCC refuse cependant une vision négative de l’économie, avec la conviction que les logiques économiques ne sont pas «en tant que telles sources de déshumanisation de notre société».

La déclaration épiscopale a été reçue au MCC comme un triple appel, à la

lucidité, à la conversion et à l’action. Des processus d’exclusion doivent

être combattus à la racine. Le mouvement a été particulièrement sensible

aux inquiétudes manifestées par les évêques concernant l’avenir: le manque

de repères, en particulier éthiques, dans la société; l’identification de

moins en moins visible des lieux de décisions; «une logique financière qui

prime souvent sur une logique économique plus respectueuse de l’homme».

Les dirigeants et cadres chrétiens ne peuvent rester silencieux face aux

phénomènes générateurs d’exclusion. Même si la grande majorité d’entre eux

se mobilise également dans le monde associatif pour contribuer à atténuer

les effets de cette exclusion, leur premier lieu d’engagement, précise le

mouvement, est «l’entreprise elle-même, ou plus généralement les lieux où

ils exercent leurs responsabilités».

Voir la réalité en face

Pour recevoir l’appel à la conversion, il faut aussi «savoir regarder la

réalité en face»: les entreprises, rappelle le MCC, ont à se battre dans un

environnement de plus en plus concurrentiel et cette lutte ne va pas sans

l’acceptation de compromis avec d’autres ensembles.

Le MCC ajoute: «Ces logiques économiques, sur lesquelles nous avons bien

peu de prise, rendent l’environnement complexe et incertain. Pour autant on

ne peut pas dire quelles soient, en tant que telles, sources de déshumanisation de notre société. Que les nécessités de la compétitivité ne nous

orientent pas spontanément vers l’attention aux exclus, qu’elles incitent

davantage à la compression des coûts et donc des effectifs est une évidence. Mais ce ne sont pas elles qui, de soi, nous enchaînent; ce ne sont pas

davantage ces logiques, ni l’organisation de nos entreprises qui nous empêchent d’entendre l’appel du Seigneur; ce ne sont pas non plus nos responsabilités professionnelles qui nous interdisent d’y répondre. Ce sont plutôt

nos peurs, nos lâchetés, nos égoïsmes qui sont en nous des obstacles à

l’Evangile et qui nous rendent complices de logiques déshumanisantes; ce

sont eux qui risquent d’écraser les valeurs qui devraient nous faire vivre.»

La mission première du MCC est dès lors d’inviter ses membres à une triple conversion qui se traduira dans leur regard sur les personnes, en particulier les plus fragiles, non pour accroître les mécanismes d’assistance,

mais en voyant dans l’autre «ses propres richesses pour qu’il se remette en

route»; dans leurs actes, et spécialement dans leur rapport à l’argent;

dans l’usage qu’ils ont à faire de leur intelligence, afin de «conjuguer

sens et compétence».

En cherchant à vivre de l’esprit des Béatitudes, cadres dirigeants chrétiens, «chacun à leur façon, souhaitent témoigner de l’espérance dans le

monde économique et social pour le rendre plus humain». Par exemple en prenant des risques pour développer des activités créatrices d’emploi, en accompagnant les personnes en recherche d’emploi, en ne faisant pas de la surenchère à la qualification…

Au coeur des réalités du monde

Convaincu que «beaucoup de responsables refusent de considérer cette situation comme une fatalité», le MCC conclut par un appel à l’action. Si,

face à un monde que certains disent «impur et corrompu», la tentation du

repli sur soi est souvent forte, le mouvement croit que «l’exigence de notre foi nous appelle à agir au coeur même des réalités de ce monde, en tant

qu’hommes et femmes acteurs, créateurs et responsables», que «Dieu ne peut

diviniser que ce que l’homme a d’abord humanisé». (apic/cip/ba)

(1) M.C.C., 18 rue de Varenne, 75007 Paris, tél; (33) 1 42 22 18 56; fax 45

44 44 46. Le mouvement, qui compte aujourd’hui 8.000 membres, dont 35 % ont

moins de 40 ans, prépare actuellement les «Journées du M.C.C.», dont le

thème fédérateur: «Inventons notre avenir», sera débattu, en fonction des

spécificités locales, dans une soixantaine de villes, en décembre 1997.

14 janvier 1997 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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