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apic/Campagne de récolte de fonds en Valais
Sion: Le diocèse dans des chiffres rouges alarmants (211096)
Il suffirait pourtant de verser le prix d’un café crème
Sion, 21octobre (APIC) L’évêque de Sion, Mgr Norbert Brunner, a lancé lundi un appel pressant à la générosité des catholiques. Avec un déficit de
196’000 francs en 1995, de 466’000 en 1996 et de probablement 830’000
francs en 1997, le diocèse de Sion est gravement dans les chiffres rouges.
A un point tel que de nombreux postes pastoraux risquent d’être purement et
simplement supprimés. Une situation alarmante dans un canton à plus de 90%
catholique.
La quête de la Toussaint avait permis de récolter l’an dernier 280’000
francs. Soit 1,10 franc par catholique. Alors qu’il faudrait 3 francs par
personne et par année. Le prix d’un café crème… Ou d’un ballon de Fendant. Que les responsables de la vaste campagne publique, lancée lundi à
Sion lors d’une conférence de presse à l’évêché, espèrent bien recueillir.
Mgr Brunner a décidé de jouer cartes sur table: non le diocèse n’est
pas riche, il n’a aucune fortune, aucun moyen et aucune réserve. Il vit en
fait surtout de la générosité des fidèles, en particulier lors de la
traditionnelle quête de la Toussaint. Pour 1996 le budget prévoit un total
de charges de 2,3 millions de francs.
L’évêque lui-même dispose de la mense épiscopale, constituée d’une vigne
(60’000m2, 72’000 francs de revenus) et d’un verger (100’000m2, 25’000
francs de revenus). Avec ce revenu il faut assurer le salaire de l’évêque,
l’entretien de l’immeuble de l’évêché et de celui du centre de catéchèse.
Le chapitre de la cathédrale, pour sa part, contribue indirectement à la
caisse diocésaine en assurant partiellement ou totalement le salaire de
plusieurs chanoines, proches collaborateurs de la direction diocésaine.
D’autres revenus proviennent de fondations ou de fonds spéciaux, ces
montants sont affectés à des tâches déterminées, (par exemple pour le séminaire) et ne peuvent pas être simplement versés à la caisse diocésaine. Ce
serait quasiment un détournement de fonds, a expliqué Mgr Brunner.
Les paroisses enfin possèdent elles aussi des biens dont elles tirent
des revenus. Comme dans la plupart des cas, les paroisses restent liées aux
communes, elles ne sont cependant nullement tenues de verser une quote-part
au diocèse. Contrairement à presque tous les cantons suisses, l’Eglise
catholique en Valais n’a pas de structure cantonale.
«Les communautés tiennent beaucoup trop à leur autonomie»
«Une mise en commun est chez nous et pour de nombreuses années encore,
irréalisable, car les communautés civiles, aussi bien qu’ecclésiales, tiennent encore trop, beaucoup trop? à leur autonomie», a déploré lundi Mgr
Brunner.
Reste les subventions de l’Etat, qui se montent pour 1996 à 330’000
francs et qui correspondent à diverses tâches d’utilité publique assumées
par l’Eglise.
Au fil des 20 dernières années, les services pastoraux diocésains se
sont étendus de plus en plus. Outre l’administration centrale, le diocèse
finance les centres de catéchèse, les aumôneries spécialisées, et les missions linguistiques, sans compter la part aux dépenses supra-diocésaines,
romandes et suisses.
Pressé de toutes parts au point d’avoir dû introduire déjà cette année
des baisses de salaires ou des réductions d’horaires volontaires, le diocèse compte sur la générosité des catholiques. Sous le slogan «Aide ton Eglise à nourrir l’espérance! Croire, aimer, partager», une vaste campagne publique est lancée à l’occasion de la Toussaint. L’an dernier cette quête a
rapporté 280’000 francs, soit 1,10 francs par catholique. Il nous faudrait
3 francs par personne et par année, soit l’équivalent d’un café, soulignet-on à l’évêché. (apic/com/mp/pr)



