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apic/canonisation / Eugène de Mazenod

Les Missionnaires Oblats de Marie Immaculée (301195)

s’apprêtent à fêter la canonisation de leur fondateur

Mgr Eugène de Mazenod, évêque de Marseille

Rome, 30 novembre(APIC) La canonisation dimanche à Rome de Mgr Eugène de

Mazenod, évêque de Marseille et fondateur des Missionnaires Oblats de Marie

Immaculée constitue un événement majeur tant pour l’Eglise de France que

pour les 5’000 religieux de la Congrégation. Mgr de Mazenod né à l’époque

de la Révolution, ordonné prêtre clandestinement, incarne l’élan missionnaire exceptionnel de l’Europe du XIXe siècle.

Eugène de Mazenod est né en 1782 à Aix-en-Provence d’une famille de la

noblesse, qui a dû trouver refuge en Italie en 1791, suite à la Révolution

française. Le jeune Eugène est orphelin quand il revient en France en 1802.

Il se cache pour échapper au service militaire, puis décide en 1807 d’entrer au Séminaire St-Sulpice à Paris. Il sera ordonné prêtre dans la clandestinité en 1811.

La grande intuition du jeune prêtre est alors de consacrer ses forces à

annoncer la Bonne Nouvelle aux pauvres, à commencer par les campagnes de

Provence. Avec d’autres prêtres qu’il réunit autour de lui, il organise des

’missions populaires’, durant lesquelles les prêtres portent une attention

particulière aux jeunes laissés à eux-mêmes et aux petites gens, aux réfugiés, aux étrangers et aux prisonniers. Ce charisme donne peu à peu naissance à une forme originale de vie religieuse, dont les premières règles

sont approuvées par Rome en 1826: les Oblats de Marie Immaculée.

En 1832, l’abbé de Mazenod est nommé évêque coadjuteur de Marseille, où

il succède à son oncle en 1837 et s’emploie à redynamiser l’Eglise locale.

C’est de là qu’il envoie à l’étranger les premiers missionnaires oblats:

dès 1841 dans le Grand Nord canadien, puis au Mexique, dans l’actuel Sri

Lanka ensuite et en Afrique du Sud enfin. L’évêque sera aussi un artisan de

la proclamation du dogme de l’Immaculée Conception de la Vierge Marie en

1854. A sa mort en 1861, la Congrégation compte 400 membres, dont cinq évêques.

La personnalité d’Eugène de Mazenod est déroutante. Ce provençal n’entre

pas dans les normes de la sainteté tel qu’on l’imagine, écrit son successeur à Marseille, Mgr Bernard Panafieu. «Il n’est pas un saint de vitrail à

l’allure compassé et au regard angélique. Il est fait de notre glaise et

pétri de nos contradictions. Un caractère difficile. Une sensibilité à vif.

Une tendance à l’autoritarisme. (…) Or ce religieux-évêque est un saint.

(…) Le pape Jean Paul II le présentera non comme un modèle, mais comme un

signe de ce que peut faire la grâce de Dieu dans le coeur d’un homme qui se

laisse saisir par l’Esprit.»

5’000 oblats dans le monde

Les Oblats forment aujourd’hui une Congrégation de quelque 5.000 religieux, présent dans 68 pays. Le dernier chapitre général en 1992, a notamment misé sur le développement des relations entre religieux et laïcs:

«Parce que nous sommes des témoins dans une communauté apostolique au coeur

du monde d’aujourd’hui, nos relations avec les laïcs est une des priorités

pour l’avenir de la Congrégation.» Le prochain chapitre général, en 1998,

approfondira l’option préférentielle pour les pauvres à partir de la question suivante: quels sont les pauvres à l’horizon de l’an 2000? (apic/cipmp)

30 novembre 1995 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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