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apic/canton de Fribourg/Constitution de l’Eglise évangélique réformée
Fribourg: Les protestants fribourgeois (150996)
peaufinent leur prochaine Constitution
Votation populaire prévue fin 1997
Fribourg, 15septembre (APIC) L’Eglise évangélique réformée du canton de
Fribourg, à l’instar de l’Eglise catholique, prépare sa nouvelle Constitution et son nouveau Règlement ecclésiastique, pour qu’ils soient en harmonie avec la Loi du 26 septembre 1990 sur les relations entre les Eglises et
l’Etat (LEE). Actuellement en procédure de consultation, la nouvelle
législation ecclésiastique était présentée vendredi soir au public.
Les questions ont fusé de toutes parts à la salle sous le temple de Fribourg. Posées par les délégués des paroisses réformées de langue française
qui voulaient des explications supplémentaires, entre autres, sur la péréquation financière, la place des diacres, les conditions de sorties d’Eglise et les impôts paroissiaux.
Ce large débat, sérieux, mais aussi émaillé de pointes d’humour, a permis à Yves Auberson, juriste, et Bernhard Studer, pasteur à Morat, respectivement président la commission pour les questions légales et rédacteur
des projets soumis à consultation, de répondre aux demandes d’explication
de l’assemblée. Cette commission a débuté ses travaux en juin 1993 et a
consacré une trentaine de séances à cette tâche de révision.
Les deux représentants de la commission ont insisté sur le fait que le
résultat de leur travail était perfectible. Et ils ont souhaité, non pas un
chambardement de leurs propositions, mais des amendements critiques de la
part de particuliers et des paroisses. Pourvu qu’ils soient précis, bien
rédigés et – modèle à l’appui – présentés sur une seule feuille par article! Le travail futur consistera à recueillir les changements souhaités,
puis à les présenter au vote lors des deux Synodes extraordinaires du 25
janvier et du 8 mars 97. La votation populaire pourrait avoir lieu en automne 97.
Trop légaliser tue la vie
Bernhard Studer a expliqué, à plusieurs reprises, que la commission de
rédaction de la nouvelle Constitution de l’Eglise évangélique réformée du
canton de Fribourg s’était parfois cantonnée dans des généralités. Pour
permettre une certaine liberté aux paroisses d’agir au nom de l’Evangile.
Trop légaliser tue la vie et les initiatives spirituelles.
A une participante qui s’étonnait de ne plus retrouver le chapitre consacré à l’Eglise universelle qui se trouvait dans l’ancienne loi, et qui
invite à la solidarité des protestants envers les pays du tiers monde, le
membre de la commission a expliqué: «Mais à l’époque, nous étions en mai
68!» Réponse qui n’a visiblement pas convaincu la déléguée. Mais elle pourra revenir à la charge sur ce sujet par une amendement bien tourné, voire
s’il n’était pas repris, de le proposer encore, in extremis, lors des deux
prochains Synodes extraordinaires.
La place et le rôle des diacres devront, très probablement, être améliorés. Dans l’examen de ce foisonnement d’articles, – 40 pour la Constitution, 192 pour le Règlement ecclésiastique – voilà tout à coup un petit moment de théologie. Les pasteurs présents insistent pour que les diacres
soient reconnus à part entière comme ministres consacrés. En Suisse romande
en tous cas, «c’est ainsi que nous les voulons et considérons!»
Les «sorties» de l’Eglise
La question des «sorties» de l’Eglise protestante, préoccupe les
esprits. Comme le dira un participant: «au même titre que les membres de
l’Assemblée ecclésiatique catholique provisoire». Selon l’article 11 de la
future Constitution, il n’est plus prévu de demander la légalisation de la
signature du sortant, comme l’Etat le demandait autrefois. Mais alors, celui qui est sorti de l’Eglise, pourra-t-il avoir un office d’enterrement au
temple? Vaste discussion. Respecter la famille du défunt? Respecter le
choix de conscience du sortant? Les paroisses pourront choisir…
Beaucoup d’autres questions ont été posées. Les protestants fribourgeois
ont du pain sur la planche. Mais les membres présents restent souriants et
confiants. Ils savent qu’une bonne législation aide le fonctionnement de
l’Eglise. Ils admettent qu’il faut une justice dans la distribution des
ressources ecclésiales, d’où la péréquation financière prévue entre les paroisses. Mais ils restent persuadés que le partage d’une vie fraternelle
dans ce canton est d’un autre ordre. Les lois bien sûr, mais l’Evangile
avant tout. C’est ce que semblait dire le jovial pasteur Michel Lederrey,
président du Conseil synodal, en remerciant en fin de soirée les participants pour leurs questions et leurs exigences bienvenues. (apic/ba)



