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St-Maurice: Rencontre des capucins de l’Europe francophone (161195)
Sérénité malgré l’absence de relève
St-Maurice, 16 novembre(APIC) «Si l’esprit est fort, il ne meurt pas.»
Malgré l’absence quasi totale de relève, les capucins d’Europe francophone
sont bien décidés à relever les défis de l’heure, à défendre l’esprit de
saint François, la paix, la réconciliation et le respect de la création.
Une quarantaine de responsables européens étaient réunis durant trois jours
à St-Maurice, en Suisse, pour faire le point avec leur Ministre général,
frère John Corriveau.
Les capucins francophones sont aujourd’hui 350 en Europe, mais ils n’ont
que deux jeunes en formation. «Chaque mort est pour nous une perte sèche»,
avoue le frère Paul Hinder, membre suisse de la curie générale de l’Ordre.
Cette situation très délicate n’entame cependant pas fondamentalement la
sérénité des héritiers de François d’Assise. D’abord parce que l’ordre présent dans 70 pays des cinq continents compte tout de même 11’000 membres et
que la relève est nombreuse en Europe de l’Est, en Afrique ou en Asie. Et
même en Europe: si le monde germanique, à l’instar des francophones, n’a
pratiquement pas de recrutement, les Italiens, avec 70 novices, et les Espagnols ont serré les rangs et parviennent à assurer une relève suffisante.
Le témoignage de fraternité et de présence au monde des capucins, même
s’ils sont plus âgés et moins nombreux reste fort et l’esprit de saint
François est vif, ajoute le Ministre général. Supérieur de l’Ordre depuis
deux ans, John Corriveau, canadien anglophone, est convaincu que l’Esprit
Saint agit dans le monde et dans le coeur des hommes, même s’ils ne s’en
rendent pas compte ou s’ils refusent les structures organisées des religions et des Eglises. «Je ne peux pas faire de prévisions. De la crise il
peut sortir quelque chose de nouveau. Si l’esprit est fort, il ne meurt
pas». Il y a 30 ans seulement l’Ordre des capucins, était encore entièrement européen même s’il était dispersé aux quatre coins du monde.
La revendication de l’ordination d’hommes mariés ne remet pas en
question mon célibat religieux, note le Fère Paul Hinder. «Le célibat que
nous vivons est étroitement lié à la fraternité», complète Marcel Durrer,
régional de Suisse romande. «C’est l’accueil de l’autre sans ’mettre la
main sur lui’. Le terme de frère est plus qu’un titre. C’est un programme».
Pour Frère André Menard, provincial de France-Sud, les capucins doivent
jeter un regard lucide sur le monde contemporain pour être des artisans du
dialogue à l’intérieur de l’Eglise et entre l’Eglise et la société. Outre
la présence auprès des plus défavorisés, un des axes de l’activité des capucins européens est aujourd’hui une reprise vigoureuse de l’accompagnement
spirituel des personnes qui cherchent un sens à leur vie. «Nous devons conserver la tenacité de saint François qui avait conscience d’avoir reçu une
grâce du Seigneur pour construire la fraternité», conclut-il. (apic/mp)



