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Malines: Le cardinal Danneels n’est pas un pacifiste par principe (140595)
«Nous avons été parfois trop naïfs»
Malines, 14mai(APIC-CIP) Le cardinal Godfried Danneels, archevêque de Malines-Bruxelles et président de Pax Christi International, n’a pas toujours
d’objection de principe à opposer à une intervention militaire. A la veille
de la célébration, à Assise, du 50e anniversaire de Pax Christi, il estime
que sur ce sujet, des chefs d’Eglises peuvent commettre des fautes d’appréciation et que l’on ne sert pas toujours la paix en s’opposant à toute intervention militaire. «La violence ne peut pas s’apaiser d’elle-même. Une
fois lancée, la machine de guerre ne s’arrête plus», déclare-t-il, en faisant allusion la situation en ex-Yougoslavie.
L’archevêque de Malines-Bruxelles pense que le pacifisme de principe ne
sert pas toujours la paix. «Quand mon voisin est attaqué, on ne peut pas
dire: qu’il se débrouille!». Même si on peut, le cas échéant, être non-violent soi-même et se sacrifier, on ne peut l’exiger de l’autre. Ce serait
contraire au principe de l’égale dignité reconnue à tous. Tout homme à
droit à vivre dans la dignité et la liberté».
Le cardinal évoque à ce sujet les problèmes posés par l’intervention
américaine dans la guerre dans le Golfe. «La question est de savoir, ditil, si la riposte des Américains était proportionnée» et «si elle ne surenchérissait pas sur la violence originelle, celle de Saddam Hussein».
Le président de Pax Christi est par ailleurs d’avis qu’on en serait pas
là, en ex-Yougoslavie, «si une intervention militaire avait eu lieu plus
tôt». Il admet que les responsables d’Eglises en Occident ont eux aussi
commis des erreurs. «Nous avons été parfois trop naïfs», dit-il, en évoquant sa visite de l’an dernier à l’Eglise orthodoxe serbe. «La naïveté est
certainement biblique, au sens où nous devons croire à la réconciliation.
Mais c’est une affaire de coeur. Quand on réfléchit, on ne peut être naïf»,
comme le remarquait déjà l’apôtre Paul».
Pax Christi est un petit mouvement nécessaire
Le cardinal Danneels observe à ce sujet que Pax Christi, qui est aujourd’hui actif dans 25 pays, ne peut pas grand chose, qu’il n’est «qu’un
petit mouvement». Il rappelle ses deux objectifs principaux: d’une part,
«promouvoir la paix par des moyens techniques de dialogue, de contact et
d’information»; d’autre part, «promouvoir une culture de la réconciliation». Ces dernières années, une attention plus grande a été donnée à ce
second aspect. «Les jeunes sont très attirés par une spiritualité de paix».
Saint François d’Assise, «à la faiblesse désarmante»
Le cardinal Danneels se réjouit du choix d’Assise pour célébrer le 50e
anniversaire de Pax Christi, car la petite ville d’Ombrie reste celle de
«l’apôtre de la paix». «François commença par se battre avec l’armée d’Assise pour anéantir la cité voisine de Pérouse, rappelle-t-il. Une fois
blessé, il se convertit. Il fut l’un des premiers à entrer en contact avec
des dignitaires musulmans. Des siècles plus tard, les chroniques arabes
parlent encore du ’petit homme d’Assise’, dont la faiblesse désarmante impressionna tant les musulmans. Il était par excellence un homme de l’harmonie universelle». (apic/cip/ba)



