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Italie: le cardinal Carlo Maria Martini présente les Evangiles (161194)
aux lecteurs de «L’UNITA», journal de l’ex-Parti communiste italien
Rome, 16novembre(APIC) Les lecteurs du quotidien italien «L’UNITA»,
d’obédience communiste réformé, se sont vus offrir, avec l’édition du 16
novembre 1994, un petit livre relié qui n’est autre que les Evangiles de
Marc et de Matthieu, dans la traduction officielle de la Conférence épiscopale italienne et préfacée par le cardinal Carlo Maria Martini, archevêque
de Milan.
Le directeur du journal, Walter Veltroni, explique cette initiative par
le fait que «les Evangiles sont une parcelle de connaissance pour celui qui
n’a pas la foi ou qui ne l’a plus, mais qui ne peut ignorer le rôle et la
fascination d’un tel texte sur l’histoire de l’humanité».
«Ce choix, ajoute Walter Veltroni, correspond à une intention conforme à
l’identité de notre journal et que l’on peut définir ainsi: une tension ininterrompue pour le dialogue, la rencontre, la connaissance, la fécondation
des langages, des expériences et des cultures. En une ère de fondamentalisme, d’intégrisme et d’intolérance, il semble utile d’offrir, avec les Evangiles, une contribution à la recherche et à la compréhension».
Pour sa part, le cardinal Martini s’en tient dans la préface à des considérations théologiques, sur un mode très pédagogique : «Que disent les
Evangiles à l’homme d’aujourd’hui ?» se demande-t-il. «Dieu est communion
d’amour et Jésus est une des personnes qui la constitue. Il est le Fils
choisi et aimé du Père. Voilà le mystère que les Evangiles racontent. Ils
parlent de tout ce qui est humain dans un langage qui touche les hommes et
les femmes sous toutes les latitudes de la terre». Carlo Maria Martini ainsi signe-t-il sa préface – continue : «L’Evangile est la nouvelle publique d’un événement par lequel Dieu manifeste sa bienveillance. C’est donc
la nouvelle heureuse d’un événement heureux voulu par Dieu».
La vitalité des Evangiles
L’archevêque de Milan observe: «La compréhension de cet Evangile ne fut
pas immédiate. Les disciples de Jésus eux-mêmes ne comprirent pas bien, durant sa vie terrestre, qui il était réellement et quelle était sa mission».
Toutefois, «ces récits ne sont pas de simples comptes-rendus rédigés sur le
moment même. Ils ne sont pas non plus des chroniques ou des documents d’archives, même s’ils ont une valeur historique documentaire et qu’ils confirment des données archéologiques et historiques de ce temps. Mais leur principale caractéristique est leur vitalité, destiné à résonner profondément
dans le coeur des hommes. Il a été écrit, pour porter à la connaissance des
gens de toutes les époques et de tous les lieux, la révélation que les premiers disciples du Christ furent en mesure, même si ce ne fut pas immédiatement, de recevoir».
Quatre harmonisations…
L’archevêque de Milan souligne encore qu’il y a quatre évangélistes et
«non pas un»: «Il y a plusieurs façons d’aborder l’unique mystère du
Christ. L’une des plus belles expériences de la lecture des Evangiles consiste dans la prise de conscience de l’originalité de chaque évangéliste,
un peu comme s’il s’agissait de quatre harmonisations sur un même thème musical».
Le cardinal Montini conclut en invitant les lecteurs à lire les Evangiles avec «liberté de coeur, grande attention et calme, en donnant de la valeur à chaque phrase et à chaque détail, parce que rien n’est superflu.
Ainsi, avec l’esprit ouvert à l’horizon le plus vaste possible, on touche
les grandes questions qui concerne le sens ultime de l’histoire». Ces
écrits, ajoute le cardinal milanais, «peuvent communiquer, à celui dont le
coeur est en recherche constante, la vérité ultime de son être et -les deux
sont inséparables – de la vraie face de Dieu».
Réaction négative de la droite italienne
La contribution du cardinal Martini au supplément de «L’UNITA» a été dénoncée par la droite italienne. Le cardinal de Milan «confond souvent le
rouge de la pourpre et celui des drapeaux communistes», a réagi la «Lega
Nord». Et Giulio Ferrari, leader de la Consulte catholique de la Ligue
Nord, d’ajouter: «En liant les Evangiles au journal du PDS, les hiérarchies
catholiques actuelles ont confirmé sans pudeur leur vocation moderne de manipuler la religion à des fins de basse politique de cohabitation». (apicjmg/ba)



