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apic/Caritas/Campagne Santé

Suisse: Caritas lance sa collecte nationale (151194)

«La pauvreté affecte la santé»: le tiers monde paie encore la casse

Berne, 15novembre(APIC) Caritas Suisse a lancé mardi à Berne sa collecte

nationale placée sous le slogan «La pauvreté affecte la santé». Une santé

qui est du reste une condition première de développement, observe l’oeuvre

catholique d’entraide. Les chiffres à eux seuls justifient le thème de cette collecte: 17 millions d’enfants meurent chaque année dans le tiers monde

de maladies telles que la diarrhée, la malaria et la tuberculose. Alors que

sur les 12 à 13 millions de sidéens actuellement enregistrés de par le monde, plus de 80% vivent dans les pays du Sud.

Le tiers monde paie un lourd tribu à la misère. Pénalisé, pour ne pas

dire plus, dans les domaines de l’éducation, de l’alimentation… Il paie

aussi et encore les pots cassés en ce qui concerne la santé. Parce que les

conditions d’hygiène et les structures font défaut.

Par le slogan de cette collecte nationale, Caritas entend rendre le public attentif au fait que sur le plan de la santé également, les habitants

pauvres et marginalisés du tiers monde se portent beaucoup moins bien que

la population des pays du Nord. Victimes qu’ils sont aujourd’hui encore de

fléaux que des médecins engagés sur le plan social qualifient de maladies

de la pauvreté.

Caritas, par son directeur Jürg Krummenacher, s’en alarme, elle qui note

une régression alarmante dans le domaine de la santé par rapport aux années

80. L’oeuvre caritative le constate: si les conditions de santé n’ont pas

évolué de la même manière dans les Etats industrialisés et dans les pays du

Sud, c’est peut-être parce qu’au Nord, l’amélioration générale des conditions de vie et d’hygiène a précédé les progrès de la médecine.

La maladie dans le tiers monde: une catastrophe économique

Avec la formation et l’alimentation, Caritas fait de la santé l’une des

trois composantes essentielles de la qualité de vie. Elle constate au passage que le succès économique de pays tels que le Japon, la Corée du Sud et

Taïwan tient surtout à la mise sur pied d’un système d’éducation et de santé fonctionnel et ouvert à tous. Forte de cette conviction, Caritas, qui

note que la maladie dans le tiers monde vire également à la catastrophe

économique, car elle décime avant tout la population active, tente donc

d’intervenir sur place par le biais de projets concrets. Ce qui signifie

qu’elle s’efforce en premier lieu, par des mesures visant à améliorer les

sols, à diversifier la production vivrière et à créer des revenus, de mettre la population locale en état de se procurer des vivres par elle-même.

Des projets dans ce sens ont vu le jour, notamment dans les Andes

péruviennes et boliviennes, en Amérique centrale, au Tchad et au

Bangladesh. Sans oublier les projets liés au sida (prévention et

encadrement), en particulier au Mozambique, en Ouganda et en Thaïlande.

L’action de Caritas en Albanie: priorité aux hôpitaux pédiatriques

L’action développée par Caritas Suisse dans le domaine de la santé en

Albanie symbolise à elle seule le slogan de cette collecte nationale dite

de décembre. Arthur Keel, pédiatre, a ainsi expliqué l’étendue des besoins

des maternités et des hôpitaux pédiatriques en Albanie, où son objectif a

été d’emblée d’améliorer le sort des nouveaux-nés, des mères et des enfants

malades en général.

Caritas a ainsi participé à la rénovation de la maternité de Durres, au

programme de secours d’urgence à l’hôpital pour enfants dystrophiques de

Tirana. Des expériences qui ont porté des fruits, puisque l’oeuvre s’efforce maintenant de contribuer durablement à la restructuration du domaine de

la santé dans cette région.

Ses efforts se concentrent également dans le district de Lezhe, dans le

nord du pays. Caritas prévoit de rénover progressivement, au cours de l’an

prochain, l’hôpital et les centres sanitaires des villages de Lezhe. Le

projet actuellement en phase initiale, entend transformer la maternité du

lieu, où entre 1’600 et 1’800 enfants voient chaque année le jour dans des

conditions qualifiées de moyenâgeuses. Le travail de Caritas, relève A. Keel, s’efforce de combiner l’aide matérielle à la formation, afin d’améliorer l’assistance médicale inexistante dans bien des villages.

Selon J. Krummenacher, le produit de cette collecte, estimée entre 4 à 5

millions, devrait représenter le 25% de la somme que Caritas enregistre

globalement annuellement. (apic/pr)

Caritas Suisse, 6000 Lucerne, ccp 60-7000-4

15 novembre 1994 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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