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apic/Catholiques genevois/ONG OIC
Genève: Les catholiques s’initient au monde international (110396)
Une manière de fêter le 50e anniversaire de la fondation de l’ONU
Genève, 11mars(APIC) Dans le but de marquer à sa façon le 50e anniversaire des Nations Unies, l’Eglise catholique à Genève a organisé une journée
d’étude et de réflexion sur «les institutions internationales et l’Eglise à
Genève». Une bonne occasion d’approcher le monde international et de mesurer l’importance des organisations non gouvernementales (ONG) et plus particulièrement des Organisations internationales catholiques (OIC), dans une
époque de crise qui tend de plus en plus à exclure la dimenmsion humaine au
profit des seuls intérêts économiques.
L’idée de cette journée d’étude, mise sur pied jeudi au Cénacle par les
Départements de l’Eglise universelle et de la formation de l’Eglise catholique genevoise, a été lancée en juin dernier par Mgr Amédée Grab, alors
évêque auxiliaire dans la cité internationale.
Premier intervenant de la journée, le Père Joseph Joblin, jésuite, professeur à l’Université Grégorienne de Rome et ancien fonctionaire du Bureau
international du travail (BIT), a retracé en détail le développement de la
conscience internationale au sein de l’Eglise catholique. Jalonnée de grandes encycliques comme «Rerum Novarum», marquée aussi par une mobilisation
de plus en plus profonde des mouvements chrétiens en faveur de la paix, de
la justice sociale et des droits de l’homme, cette insertion de l’Eglise
dans le jeu des nations révèle son souci d’être témoin de l’exigence de
l’humain face à ceux qui considèrent l’homme comme «simple producteur».
Vice-président du Centre catholique international de Genève (CCIG), André Schafter a donné, de son côté, quelques points de repère historiques
sur les OIC. On en compte aujourd’hui 36 – dont 28 exercent un mandat dans
diverses instances onusiennes.
Intervenir auprès des gouvernements, un des rôles des ONG
Patrice Robineau, conseiller principal de la Commission économique de
l’ONU pour l’Europe, a regretté que les débats économiques et sociaux liés
au développement aient perdu de leur énergie par rapport aux années 60-70.
Il a dénoncé, entre autres, l’effet pervers de la «globalisation» qui écarte de manière systématique du marché mondial les pays peu structurés industriellement ou enclavés géographiquement. «Les Etats sont telllement pris
par le court-terme, les questions de chômage et de budget, qu’ils négligent
le long terme». Le sommet de Rio sur l’environnement, comme celui de Pékin
sur les femmes, sont un peu des «soufflés» qui retombent vite dans l’oubli
pour ceux qui nous gouvernent.
Ce sont les ONG et la société civile qui doivent intervenir pour rappeler à l’ordre les autorités politiques après ces grandes conférences internationales. On condamne par exemple la Chine pour ses violations des droits
de l’homme, mais on exerce aucune pression économique et commerciale sur
elle, de peur de perdre le marché…
Eric Sottas, directeur de l’Organisation mondiale contre la Torture
(OMCT), a décrit pour sa part la dynamique des ONG dans la vie internationale. Des ONG si foisonnantes qu’on ne connaît pas leur nombre exact. En
1990, on en a recensé 5’000 rien qu’en Grande-Bretagne. Ce qui est peu comparé à l’Afrique du Sud où leur nombre est évalué à 50’000. Cette prolifération, aux yeux du conférencier, ne découle pas d’une amélioration de la
démocratie, mais bien plus tôt d’une dégradation de la situation sociale.
C’est pour pallier cet appauvrissement que tant d’ONG ont été créées en
Grande-Bretagne sous le gouvernement Thatcher.
Exemple d’une actionn percutante d’une ONG
Eric Sottas a évoqué un exemple particulièrement probant du rôle de
l’ONG, celui de «L’Action pour les droits de l’homme en Afrique centrale»:
ayant appris qu’un bateau chinois approchait de Dar-es-Salam pour y débarquer des armes destinées aux Tutsis du Burundi et du Rwanda, cette ONG a
diffusé l’information sur Internet, alertant ainsi largement les agences de
presse et l’opinion publique. Ce qui a permis de faire pression sur les autorités tanzaniennes pour qu’elles empêchent le bateau d’accoster.
«L’Eglise ne collabore pas à la vie internationale pour chercher des
avantages ou encore moins à se présenter comme une tour d’ivoire, mais pour
servir les hommes et bâtir avec eux la paix», a souligné quant à lui, Mgr
Giuseppe Bertello, nouvel observateur du Saint-Siège auprès de l’ONU à Genève. Dénué de toute visée politique, le travail diplomatique du Saint-Siège consiste, selon lui, à porter un regard universel sur les problèmes des
migrants, des réfugiés, des droits de l’homme et du développement.
La journée s’est achevée par une table ronde présidée par Mgr Grab, avec
la participation de personnes engagées dans le domaine international et
l’action tiers-mondiste. La discussion a porté notamment sur la capacité
des ONG à apporter des analyses critiques et à imaginer des projets alternatifs. Mais la relève des militants fait actuellement problème. Une relève
qui pourrait néammoins se faire, a remarqué Dominique Froidevaux, responsable de la Commission tiers-monde de l’Eglise catholique à Genève (COTMEC),
«si l’on offrait aux jeunes des espaces de liberté et d’action qui les mobilisent». (apic/gth/ba)



