Brésil: Les cahiers du CEAS fêtent leurs 25 ans (110494)
apic/CEAS/ 25e anniversaire
Accompagnement critique de l’histoire nationale
Salvador (Brésil), 11avril(APIC) Le Centre d’études et d’Action sociale
(CEAS), animé par un groupe de jésuites et de laïcs chrétiens, fête son 25e
anniversaire. Le Centre, fondé en 1969 à Salvador (Bahia), publie tous les
deux mois, «Os cadernos do CEAS» (Les Cahiers du CEAS), une revue qui analyse régulièrement la réalité sociale et politique du Brésil en la confrontant aux exigences de l’Evangile. Proche de la théologie de la libération,
elle dénonce souvent les formes d’oppression et d’injustice sociale que
subissent les classes populaires et travaille à la construction d’une société plus juste et plus démocratique.
Selon Joviniano Neto, à l’époque président de la jeunesse indépendante
catholique (JIC), issue de la classe moyenne, le CEAS est né au moment où
la dictature militaire renforçait son emprise sur tout le Brésil et quand
une partie de la hiérarchie de l’Eglise catholique se méfiait des mouvements d’action catholique spécialisée, trop tentée, à ses yeux, par les
thèses marxistes. Quant au Père jésuite Claudio Perani, alors aumônier la
jeunesse universitaire catholique (JUC) dans l’Etat de Rio Grande do Sul,
il rappelle l’orientation générale des jésuites d’Amérique latine: «Nous
réfléchissions sur la problématique de la grande pauvreté en essayant, à
travers la doctrine sociale de l’Eglise d’influencer un changement politique et social. Au Brésil, les jésuites du CEAS, avec d’autres observateurs,
analysaient en particulier le Nord-Est du pays, la région la plus pauvre et
la plus exploitée du pays.
Les articles et les enquêtes des Cahiers du CEAS ont accompagné, durant
ces derniers 25 ans, les principaux événements sociaux et politiques du
Brésil. Les premiers numéros de cette époque (1969-1972) montrent un vif
pessimisme face au «miracle brésilien» exhalté par la propagande officielle. Un miracle économique certes visible pour une minorité de la population, mais sans effet sur la grande majorité pénalisée et misérable. De
1972 à 1984, les textes produits par le CEAS insistent sur le caractère autoritaire et dictatorial du régime en place. Ils font appel à la «conscientisation» des masses populaires pour qu’elles participent activement aux
luttes en cours, souvent animées et suscitées par les communautés ecclésiales de base autour d’évêques «progressistes». La dernière phase
(1985-1994), tout en continuant à aller dans ce sens, s’ouvre aussi à
l’analyse des moyens de communication et à la sauvegarde de l’environnement. (apic/em/ba)



