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apic/Centre Protestant(Jeunes

Vaud: le JET service du Centre social protestant vaudois a 10 ans (240894)

Un soutien pour les jeunes dans le

«no man’s land» entre formation et emploi

Lausanne, 24août(APIC) Le Centre social protestant (CSP) vaudois a fêté

mercredi le dixième anniversaire de son «JET Service, qui offre un service

d’assistance aux jeunes déconcertés par le passage entre vie scolaire et

professionnelle. «Jeunes et Travail» (JET) a déjà aidé plus de 6’000 garçons ou filles dans tout le canton de Vaud depuis 1984, devenant une oreille attentive aux questions des 16-25 ans. Pourtant, après 10 ans d’activité, JET Service est toujours en quête d’une reconnaissance de la part des

institutions officielles.

Le 10e anniversaire de JET Service a donné l’occasion d’une conférence

de presse, mercredi 24 août, au CSP vaudois, à Lausanne. Les collaborateurs

de ce service privé – reconnu d’utilité publique – ont présenté quelques

aspects de leur travail dont le but est d’éviter la marginalisation des

jeunes non qualifiés.

De fait, la situation professionnelle des jeunes a peu évolué en 10

ans, ont-ils constaté. Il est toujours aussi difficile pour les jeunes

d’assumer la rupture entre scolarité et apprentissage, puis entre apprentissage et vie professionnelle. Cette difficulté s’est accrue avec la crise

économique, particulièrement pour les jeunes étrangers. Mais, comme le souligne Nicole Pichard, «les gens commencent heureusement à se rendre compte

que ces jeunes en difficulté ne sont pas que quelques cas isolés».

JET Service répond à la demande d’emploi des jeunes de 16 à 25 ans par

une «bourse du travail temporaire». Des emplois non qualifiés de quelques

heures à quelques mois y sont proposés, ainsi que des informations sur la

législation ou la manière de demander un emploi. Cette bourse, qui avait

fourni du travail à 200 jeunes en 1984, s’est vue particulièrement sollicitée entre 1990 et 1991. Après une décrue, les demandes affluent de nouveau

aujourd’hui, puisque leur nombre atteindra certainement 600 en 1994.

Agiter avant l’emploi!

Face à l’évolution du chômage des jeunes – que JET Service a pu observer

dès ses débuts – les collaborateurs ont imaginé un programme permettant aux

jeunes de formuler un projet professionnel. Le service lausannois s’est allié pour cela avec ses homologues de Genève et Bienne en fondant l’Association Jeunes et travail, (AJT, lire «agiter avant l’emploi!»). Pascal Recrosio précise: «Cette association a entre autres pour objectif de faire reconnaître le travail des services oeuvrant dans la zone grise entre formation et milieu professionnel, des services qui ne dépendent ni des organismes de formation professionnelle, ni des institutions liées au travail».

Le programme de l’AJT, qui va démarrer en septembre 1994, consiste à

permettre aux jeunes en recherche de travail d’élaborer un plan professionnel au cours d’un stage de trois mois. Ils y établiront un bilan personnel;

ils pourront y recevoir des cours de «mise à niveau»; ils auront l’occasion

de suivre des stages en entreprises et finalement de préparer leur plan

professionnel ainsi qu’un dossier de candidature. Les stages seront proposés dans d’autres régions que celle du domicile, afin de sensibiliser les

jeunes aux avantages de la mobilité.

Si les jeunes s’adressent volontiers à JET Service, notamment grâce à la

souplesse d’accueil de la permanence et à l’indépendance de ce service par

rapport aux organismes officiels, l’attitude patronale est variable. Comme

le déclare Nicole Pichard: «L’accueil des patrons est assez poli; quelquesuns utilisent nos services. On sent une certaine ouverture». Et de citer

l’exemple – heureusement rare – d’un patron qui a de la peine à comprendre

qu’un jeune qui travaille mérite un salaire et un horaire définis. «Il y a

aussi des jeunes qui font systématiquement échouer les boulots», convient

N. Pichard. Dans ce cas JET Service se montre aussi compréhensif que possible. «Pour certains, le fait de travailler un mois, après deux ans sans emploi, c’est déjà une victoire».

C’est ainsi que le service fonctionne souvent comme un lieu d’écoute où

les jeunes peuvent parler de leurs difficultés professionnelles, des conflits avec le patron où de leur angoisse de l’inactivité. Les collaborateurs du CSP le soulignent: «Les gens qui sont mal dans leur tête ont évidemment de la peine à trouver du travail». Mais ces prestations sont encore

peu reconnues par les institutions officielles. Même si l’OFIAMT soutient

partiellement le programme de l’AJT, même si l’Eglise protestante vaudoise

apporte un appui spécial à JET Service, ses collaborateurs attendent une

reconnaissance accrue… et pas uniquement financière. (apic/spp/pr)

24 août 1994 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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