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apic/CES/ conférence de presse

Berne: Assemblée ordinaire de la Conférence des évêques suisses (071295)

Une assemblée désormais presque au complet

Berne, 7décembre(APIC) La Conférence des évêques suisses désormais presque au complet – il manque encore deux auxiliaires – a procédé à une nouvelle répartition des dicastères. Mgr Ivo Fürer obtient la vice-présidence

de la CES. Quant au nouvel évêque de Bâle, Mgr Kurt Koch, il hérite de

trois dicastères importants.

La 230e assemblée plénière de la Conférence des évêques suisses (CES) a

surtout été l’occasion d’une discussion ’à coeur ouvert’ entre les anciens

et les nouveaux, car durant cette année, la Suisse a eu cinq nouveaux évêques, a déclaré jeudi à Berne, Mgr Henri Salina, président de la CES.

La rencontre s’est tenue au centre de formation de Burgbühl, à St-Antoine (FR), dans une ambiance chaleureuse avec l’accueil de Mgr Amédée Grab,

nouvel évêque de Lausanne, Genève et Fribourg (LGF) et de Mgr Kurt Koch,

évêque désigné de Bâle, et avec les adieux au cardinal Henri Schwery, ancien évêque de Sion, à Mgr Pierre Mamie, ancien évêque de LGF et à Mgr Joseph Candolfi, administrateur du diocèse de Bâle.

L’arrivée de nouvelles personnalités au sein de la CES avec de nouvelles

compétences et de nouveaux charismes, a permis une très bonne répartition

des treize dicastères, note Mgr Salina. Mgr Kurt Koch se voit attribué la

responsabilité des services et ministères, des Facultés de théologie, de la

diaconie, du tiers-monde et du développement (Action de Carême et Caritas).

Quant à Mgr Ivo Fürer, évêque de St-Gall, il prend la vice présidence de

la CES laissée vacante par le départ de Mgr Jean-Georges Vogel en juin dernier. Un Mgr Vogel avec qui la Conférence des évêques maintient le contact

et reste disponible pour n’importe quelle demande de sa part, assure le Père Roland-B. Trauffer secrétaire de la CES.

Mgr Wolfgang Haas, évêque de Coire, ne garde que le dicastère de la culture. «Mais nous ne sifflons pas de hors-jeu», précise Mgr Salina. «Luimême se rend compte qu’il ne serait pas à l’aise pour assumer telle ou telle tâche et il sait qu’il ne serait pas agréé à la vice-présidence par

exemple».

Les pétitions «du peuple de Dieu» entendues

Les pétitions du «peuple de Dieu» qui ont récolté durant l’été 75’000

signatures ne vont pas rester lettre morte, assurent les évêques. La Conférence a désigné un groupe de dialogue qui prendra contact très prochainement avec les initiateurs. Il n’y a pas d’unité de matière dans ces pétitions et les motivitations sont diverses, remarque Mgr Salina. Il s’agit

d’exercer un discernement face à ces demandes. Si certaines comme

l’ordination d’hommes mariés sont réalisables, d’autres, comme l’ordination

des femmes, ne sont pas possibles. De plus, ces questions ne peuvent pas

être traitées uniquement au niveau suisse mais dans le collège des évêques

autour du pape. «Nous ne voulons pas entrer dans un débat de démocratie civile ou référendaire», avertit Mgr Salina.

La longueur de la procédure de confirmation de l’élection de Mgr Kurt

Koch comme évêque de Bâle n’inquiète ni les évêques ni Mgr Salina. Pour

lui, les commentaires faisant état d’une opposition du cardinal Ratzinger

ou de Jean Paul II ne sont que «des spéculations qui permettent de faire de

belles manchettes de journaux.» Puisque Mgr Koch est théologien, il était

normal qu’on veuille connaître ses écrits et ses positions.

Le droit doit respecter la dignité de la personne humaine

Les évêques suisses se sont également penchés sur quelques objets de politique fédérale pour rappeler des positions déjà connues. A propos du rapport «Arbenz» sur la politique de migration, la CES rappelle qu’elle s’oppose à toute solution numérique limitant le nombre des étrangers en Suisse,

en pourcentage ou en nombre absolu. De même la politique des trois cercles

distinguant plusieurs catégories d’étrangers n’est par principe pas tolérable, car elle est contraire à l’égale dignité de toutes les personnes humaines. Les femmes réfugiées ou immigrées ont droit à une attention particulière. Il s’agit en premier lieu de favoriser le regroupement familial.

Si les craintes de la population suisse sont réelles, les étrangers ne

doivent pas servir de boucs émissaires, souligne la CES.

Un enfant: une allocation

«Un enfant: une allocation». C’est sur ce principe que doit se baser la

future loi sur les allocations familiales, remarquent les évêques suisses.

Les allocations pour enfants doivent être indépendantes du travail salarié

des parents et se conjuguer avec une assurance maternité pour toutes les

femmes.

L’avant-projet de loi sur la medécine humaine, consacrée en fait aux

questions de procréation artificielle, pose la question de la relation entre le droit et la morale, souligne le Père Roland-B. Trauffer. Si les deux

domaines sont distincts l’un de l’autre, ils n’en sont pas pour autant indépendants. La loi doit empêcher les abus de la technologie. L’Eglise pour

des raisons éthiques n’admet aucune technique de procréation artificielle.

Mais si le législateur admet la procréation artificielle, elle devrait en

tous les cas être limitée à une fécondation homologue, c’est-à-dire au sein

d’un couple constitué, note la CES. Dans le même sens les évêques réitèrent

leur opposition à la demande d’introduction en Suisse de la pilule abortive

RU 486 décidée le 23 novembre par la Conférence des directeurs cantonaux

des Affaires sanitaires.

Les évêques suisses ont enfin eu un premier échange au sujet de la participation des Eglises à l’Exposition nationale 2001 qui doit se tenir sur

les lacs de Bienne, Neuchâtel et Morat. (apic/mp)

7 décembre 1995 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 4  min.
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