Le texte contient 91 lignes (max. 75 signes), 880 mots et 6223 signes.
apic/Chevetogne/ colloque oecuménique
Belgique: L’abbaye de Chevetogne a accueilli (050995)
un colloque oecuménique sur la réconciliation
Chevetogne, 5septembre (APIC-CIP) L’abbaye bénédictine de Chevetogne (Ciney)en Belgique, a accueilli en début de septembre un colloque oecuménique
portant sur «La réconciliation». Ce colloque était placé sous la présidence
du pasteur suisse Pierre-Henri Monlinghen, de Neuchâtel.
Comme l’a rappelé Dom Emmanuel Lanne, de Chevetogne, dans sa présentation du thème, cette rencontre se situait dans le sillage de trois autres
colloques antérieurs.
André Wénin et Jean-Marie Sevrin, de la Faculté de théologie de l’Université catholique de Louvain (UCL), ont présenté les fondements bibliques
de la réconciliation dans l’Ancien et le Nouveau Testament.
Puis, le Père Dominique Cerbelaud, professeur à la Faculté de théologie
catholique de Lyon, a traité de la réconciliation entre juifs et chrétiens.
Il a été suivi par Alexander Gurevith, de la Bibliothèque des Littératures
étrangères de Moscou, qui a parlé des écrits russes du XIXe et du XXe siècles qui étaient favorables aux juifs. Mme Elisabeth Behr-Sigel a exposé le
programme d’une nouvelle organisation orthodoxe en faveur de la réconciliation: l’»Orthodox Peace Fellowship».
Trois exposés doctrinaux ont ensuite présenté la question sous l’éclairage de la théologie. Joseph Famerée (UCL) a développé la perspective catholique de la réconciliation. Léopold Schümmer, professeur à la Faculté de
théologie protestante à Bruxelles, a présenté un large panorama de la théologie de la réconciliation dans l’oeuvre de Calvin. Le Père Augustin Nikitin, de Saint-Pétersbourg, a montré comment la réconciliation chrétienne se
fondait dans la théologie orthodoxe des sacrements.
Urgences et initiatives
En avril dernier, le Conseil des Eglises européennes (KEK) et le Conseil
des Conférences épiscopales européennes (CCEE) ont décidé de convoquer un
nouveau rassemblement européen des Eglises. Il aura lieu en mai 1997 à Graz
en Autriche et aura pour thème : «La réconciliation, don de Dieu, source de
vie nouvelle». A Chevetogne, le Père Viorel Jonita, secrétaire aux études
de la Conférence des Eglises européennes et prêtre de l’Eglise orthodoxe de
Roumanie, a tracé les perspectives qui s’ouvraient devant ce deuxième rassemblement oecuménique européen.
Le protopresbytre Vitaly Borovoy, ancien observateur du Patriarcat de
Moscou au Concile Vatican II, a exprimé la conviction que «l’Eglise orthodoxe croit fermement dans la possibilité et la nécessité de la poursuite du
dialogue en vue de la réconciliation et de la restauration des relations
fraternelles qui se sont développées après le IIe Concile du Vatican et
dans son esprit». «Toutefois, a-t-il ajouté, les orthodoxes estiment que,
pour cela, la discrimination des orthodoxes en Galicie, d’Ukraine occidentale, la tentative de renouveler l’uniatisme en Biélorussie et de faire du
prosélytisme dans les territoires de l’ancienne Union Soviétique ne contribuent pas à cette fin». En conclusion, le Père Vitaly Borovoy s’est dit
convaincu que cette situation peut être améliorée dans l’esprit du Concile
Vatican II, de la dernière encyclique «Ut Unum Sint» sur l’engagement oecuménique et de la lettre apostolique «Orientale Lumen» sur l’importance de
l’Orient chrétien pour l’Eglise universelle.
Perspectives
Une table ronde, à laquelle ont pris part André Haquin (UCL), Horia Roscanu, Elisabeth Behr-Siegel et le Revérend Colin Davey, de l’Eglise d’Angleterre, a mis en relief les points saillants des débats de ces journées.
Dans ses conclusions, Dom Emmanuel Lanne a surtout retenu deux suggestions pour favoriser la réconciliation: «écrire en commun notre histoire,
celle de nos divisions, mais aussi celle de notre unité; mettre l’accent
sur les célébrations liturgiques du pardon et de la réconciliation.
Ce colloque a été marqué par une forte participation de représentants du
Patriarcat de Moscou et, en particulier, de l’Académie de théologie de
Saint-Petersbourg. Les textes des interventions seront publiés dans la revue «Irenikon», éditée par l’abbaye de Chevetogne. (apic/cip/ba)



