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apic/Chiapas / Mgr Ruiz
Chiapas: Mgr Ruiz espère que Mexico montrera sa disposition à dialoguer
Rome, 8janvier (APIC) «Notre espoir est que le gouvernement de Mexico montrera sa volonté de négocier avec les zapatistes», a confié au «Corriere
della Sera» Mgr Samuel Ruiz Garcia, évêque de San Cristobal de las Casas,
dans le Chiapas (Mexique).
C’est le 1er janvier 1994 qu’a éclaté l’insurrection armée des indigènes
du Chiapas. Dans cette interview Mgr Ruiz, qui préside depuis le début la
Commission de médiation entre le gouvernement mexicain et les Indiens
«zapatistes», livre ses réflexions sur le conflit au moment même les
Zapatistes sont réunis pour examiner les propositions du gouvernement, à la
veille de rencontrer les autorités du pays, les 11 et 12 janvier.
Pour Mgr Ruiz, la révolte armée des «Indios» était pour eux une question
de survie. «Ils ont recouru à la force pour ne pas être arrêtés. C’était un
acte de défense, déclare-t-il. Ils ont toujours admis que le pouvoir doit
se prendre de façon civique, sans recourir à la guerre. Ils ne demandent
pas le pouvoir, mais la liberté et la reconnaissance de leur présence.»
«Beaucoup n’ont pas compris cette révolte, poursuit l’évêque. Les Indios
sont exploités parce que considérés comme culturellement inférieurs. Ils
vivent dans une pauvreté incroyable, ils ne pouvaient pas continuer comme
ça. Ils ont décidé de dire non le jour où le Mexique, pays du tiers monde,
a fait son entrée dans le premier monde» (le jour de la signature des accords de libre échange entre l’Amérique du Nord et l’Amérique du Sud.
Il s’agit à présent d’éradiquer les causes de la violence, explique Mgr
Ruiz Garcia: «Il faut de la nourriture, des médicaments pour les enfants,
le respect des droits les plus élémentaires. On ne doit plus voir l’armée
attaquer cinquante mille Indios.» Et d’ajouter: «La rébellion a été importante, mais si les Indios ont pris les armes pour le Chiapas, ils les ont
prises aussi pour le Mexique. Ce ne fut pas une initiative d’une ethnie
isolée. Les ethnies ne peuvent plus s’ignorer aujourd’hui. Il y a des Indios de la Terre de Feu à l’Alaska !» (apic/imed/mp)



